Charfi estime que le «changement passe par la révision de la Constitution»

Le président de l’Autorité des élections (ANIE), Mohamed Charfi, défend à nouveau le bilan de son instance depuis sa création en 2019.

Il affirme que la présidentielle du 12 décembre 2019, qui s’est déroulée dans les conditions que tout le monde connaît, «était l’unique échéance où la volonté populaire a été respectée». «L’élection du 12 décembre 2019 est la première élection depuis l’indépendance de l’Algérie où le peuple a choisi son président.

C’est un Président élu par le peuple. L’époque de la fabrication des Présidents est définitivement révolue, comme l’avait souligné la revue El Djeich», a-t-il déclaré lors de son passage, hier, à l’émission «L’invité de la matinée» de la Chaîne 2 de la Radio nationale.

Mohamed Charfi se rattrape, juste après, pour dire que «l’élection de Liamine Zeroual en 1995 était l’œuvre du peuple». Le président de l’ANIE, qui a été à deux reprises ministre du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, tente ainsi d’être en phase avec l’ambiance politique actuelle qui veut faire croire que «la crise politique du pays se limite aux deux dernières décennies».

Mais les discours chargent selon la position des puissants du moment. Pour rappel, la présidentielle du 12 décembre 2019 a connu le plus bas taux de participation de l’histoire des présidentielles en Algérie. Environ 60% des électeurs, selon les chiffres officiels, ont boudé les urnes à cette occasion.

S’exprimant sur l’autorité qu’il préside, Mohamed Charfi la défend mordicus, malgré les critiques dont elle fait toujours l’objet, notamment sur sa création et ses membres. «L’ANIE est issue du hirak.

Nous le dirons sans honte. Il y a même des gens qui sont actuellement dans le pouvoir qui ont des photos dans le hirak avec des pancartes appelant à la mise en place de cette autorité», affirme-t-il, omettant sciemment de dire que la revendication est antérieure au hirak et qu’elle était l’œuvre de l’opposition, au moins depuis 2014.

Interrogé sur l’accès des voix opposantes au projet de révision de la Constitution aux médias lourds, il se montre très peu convaincant. Arc-bouté sur les critères définis par son autorité pour les participations à la campagne autour de la Constitution, il affirme «que les gens qui portent atteinte aux constantes nationales et à l’ordre public» sont exclus.

Pour ceux qui appellent à voter contre le projet, Mohamed Charfi reste aussi ambigu. «Dans ce genre de rendez-vous, la compétition peut avoir lieu entre ceux qui s’opposent à cette révision et ses partisans.

Mais, il ne faut pas confondre entre le changement de la Constitution et les programmes politiques de chaque parti qui doivent faire l’objet de concurrence dans d’autres échéances», déclare-t-il, affirmant que «la révision de la Constitution est nécessaire pour le changement».

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Auteur: Anis Khecheba
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