LE TEMPS – Slim BEN YOUSSEF

Menace d’une deuxième vague de coronavirus toujours en vigueur, la baisse de garde en Tunisie était ostensible ces derniers temps, notamment avec le relâchement remarqué au niveau de l’application des gestes barrières par les Citoyennes et les Citoyens. Ceci dit, c’est plutôt l’attitude, pour le moins laxiste et pleine de contradictions, de la part des autorités tunisiennes, qui fait davantage jaser et qui suscite aujourd’hui plus d’une question. Dernière aberration en date : les Tchèques et les Polonais autorisés désormais à venir en Tunisie sans présenter un test PCR, et ce, en dépit de la situation sanitaire improbable dans ces deux pays, classés pourtant « orange », d’après les dernières mises à jour.

La décision, annoncée jeudi par le ministère du Tourisme, n’a pas manqué de provoquer un vaste tollé de réprobation dans les réseaux sociaux. A l’heure où l’augmentation des cas importés se voit encore doubler par une recrudescence de cas locaux qui a été remarquée ces derniers temps, avec la découverte, notamment, de trois clusters avérés à Sousse, à Kairouan et à l’aéroport de Tunis-Carthage, et alors que La République Tchèque et la Pologne sont répertoriés encore comme pays à risque, étant classés « orange », les autorités tunisiennes jouent encore une fois avec le feu, dans une énième tentative, manifestement désespérée, de relancer le tourisme national.  

Les autorités veillent au grain 

Les visiteurs venus de la République Tchèque et de la Pologne, à bord de vols charters, seront donc autorisés, exceptionnellement, à entrer en Tunisie sans présenter des tests PCR, et ceci, comble de la bizarrerie, après approbation, dit-on, du ministère de la Santé. Ce même ministère de la Santé qui a pourtant crié au loup tout au long de cette semaine, en tirant publiquement la sonnette d’alarme contre la menace imminente d’un rebond de contamination au coronavirus.

Visiblement sur le qui-vive et se montrant éminemment alarmants, le ministre intérimaire de la Santé, Habib Kchaou, accompagné de la Directrice générale de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, Nissaf Ben Aalya, ont pourtant veillé au grain et ont appelé à la vigilance, lors d’une conférence de presse, tenue mercredi dernier. Outre l’interdiction d’entrée à l’aéroport pour les accompagnateurs, des sanctions pour les non-porteurs de masques de protection dans les aéroports et dans d’autres espaces, ont été annoncé dans ladite conférence. Mesures qui ont été approuvés et adoptés, le lendemain, lors d’un Conseil des ministres, tenu ad hoc et présidé par Elyès Fakhfakh, président du gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes.

Dans le même cadre, la commission scientifique permanente chargée d’examiner et de suivre la situation épidémiologique s’est réunie, mardi dernier, et n’a pas manqué, à son tour, d’appeler à la vigilance, en rappelant le contexte sanitaire improbable, marqué par la hausse des cas importés et par la découverte de trois foyers de contaminations, à Sidi Bou Ali dans le gouvernorat de Sousse, à Kairouan et à l’aéroport Tunis-Carthage. 

Vigilance et contradictions…

Force est d’ailleurs de souligner que la situation sanitaire à Kairouan s’est ostensiblement compliqué ces derniers jours. Pour faire face à ce rebond de la contamination, les autorités locales ont pris plusieurs dispositions, dont la fermeture de plusieurs établissements et commerces, comme les salons de coiffures et les boulangeries, en vue de limiter, autant que faire se peut, la circulation des personnes susceptibles d’être infectées par le virus.

Sur un autre front, le ministère des Affaires religieuses a tiré de son côté la sonnette d’alarme, en insistant, dans un communiqué publié jeudi, sur la nécessité de respecter le protocole sanitaire spécialement mis en place pour les mosquées et les lieux de culte, et ce, sur fond d’un rebond inquiétant de la contamination, accompagné d’un relâchement remarquable dans les lieux de culte.

Ceci étant dit et malgré toutes ces mises en garde, le gouvernement s’est montré, une fois de plus, incohérent dans ses décisions, en permettant aux touristes –s’il en est !- tchèques et polonais, de venir à la Tunisie sans effectuer des tests PCR au préalable, malgré le très haut risque de contamination lié à la situation improbable de ces deux pays, classés « orange ». Il convient de rappeler finalement que le ministère du Tourisme a préparé un protocole sanitaire spécifique pour permettre aux visiteurs étrangers de venir en Tunisie en toute sécurité. Pour les zones « orange », le gouvernement permet, en effet, aux touristes de passer leur quarantaine dans les hôtels, à condition de fournir un test PCR effectué avant 72 heures de leurs vols. 

 

S.B.Y.

Auteur: letemps1
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