Sous le parrainage du président de la République du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, sept chefs d’Etat africains dont le Congolais Félix Tshisekedi, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Sénégalais Macky Sall, ont procédé en janvier dernier « L’Initiative de Lomé ». Il s’agit d’une plateforme de lutte contre la distribution et la commercialisation des produits pharmaceutiques contrefaits. Faure Gnassingbé et ses homologues se sont engagés à une lutte sans merci contre le commerce illicite des médicaments sur le continent.

« Le trafic de produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés est un scandale humanitaire qui se déroule chaque jour. Il touche des millions de personnes, soit indirectement parce que ces médicaments ne soignent pas ceux qui croient se soigner, soit directement parce que les produits utilisés tuent », a martelé le président togolais.

Cette rencontre a cependant été marquée par un fait majeur : aucun dirigeant des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) n’était présent à cette rencontre au sommet, alors que le phénomène amplement tous les six pays de la sous-région que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République Centrafricaine et le Tchad.

L’Initiative de Lomé concerne au premier chef le Cameroun. EcoMatin rapportait encore dans ses colonnes l’année dernière qu’entre le 26 juin et le 2 juillet 2019, un peu plus de 410 000 produits pharmaceutiques et alimentaires falsifiés avaient été saisis dans les villes de Bafoussam, Bamenda et Buea par l’opération Halcomi (Halte au commerce illicite), lancée il y a quelques années par la direction générale des Douanes du ministère des Finances. Les personnes auprès desquels ces marchandises ont été saisies ne possédaient d’aucun agrément des autorités leur permettant d’importer des médicaments sur le territoire camerounais.

Pas plus tard qu’en fin décembre dernier, une autre cargaison de 324 cartons de médicaments contrefaits a été saisie dans la localité de Betaré Oya, à l’Est du pays. Partie de Douala, elle était transportée dans un camion à destination de Garoua, dans la région du Nord. Rappelons-nous aussi qu’en 2016, Halcomi avait procédé à une saisie inédite de 4 tonnes de médicaments d’origine douteuse au marché central de Yaoundé. Beaucoup de personnes au sein de l’opinion pensent aujourd’hui que c’est davantage sur cet espace marchand devenu la plaque tournante de la vente des médicaments contrefaits ou de contrebande qu’il faudrait axer la lutte.

Selon les chiffres officiels, près de 10% des médicaments vendus dans le monde sont faux. L’Afrique est présentée comme le continent le plus touché par ce phénomène. Elle importe près de 90 % de ses produits pharmaceutiques, ce qui la rend particulièrement vulnérable.

 

Auteur: Serges Bontsebe
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