En Algérie, une start-up ne peut être éligible aux crédits patrimoniaux des banques et ne peut répondre aux critères des dispositifs Ansej et Cnac.

Une start-up est une entreprise qui démarre et c’est aussi, selon la définition universelle, une société innovante à fort potentiel de croissance. “C’est une entité qui provoque une rupture dans un marché”, tranche l’expert financier Omar Berkouk. L’Algérie peine à créer l’élan nécessaire au développement des start-up, quand bien même les discours en faveur de l’industrie numérique pleuvraient sans cesse, sans qu’aucun progrès ne soit réalisé.

Le problème réside “dans la rigidité de notre système financier” dans la mesure où “une start-up n’est pas finançable par le marché bancaire et financier traditionnel, parce qu’elle n’apporte pas les garanties qui sont requises en la matière”, estime Omar Berkouk. En d’autres termes, une start-up ne peut être éligible aux crédits patrimoniaux des banques qui exigent des garanties et ne peut répondre aux critères des dispositifs Ansej et Cnac qui se sont orientés vers l’entrepreneuriat dans le mode de fonctionnement de l’économie traditionnelle. “Les institutions bancaires sont sclérosées.

Rien n’est adapté à la nouvelle économie”, souligne Omar Berkouk, proposant “la création d’un fonds d’investissement” en guise de solution idoine. Il explique que “les fonds d’investissements publics existent mais ils ont un mode de fonctionnement et une destination qui ne correspondent pas aux besoins de la nouvelle économie. Il faut, de par les contraintes de gestion imposées par les autorités monétaires et financières, s’orienter vers de nouveaux mécanismes à même d’éradiquer ces obstacles qui sont de taille”.

En somme, si les banques voulaient se donner de la peine pour participer au financement de la nouvelle économie, elles devraient orienter une partie de l’épargne  de leurs  clients vers  les  fonds  d’investissement  à  créer.  Elles résoudraient, de ce fait, la contrainte du risque qu’elles ne souhaitent pas prendre en octroyant les crédits aux start-up. Plus concrètement, puisque la transformation du business model des banques sera longue et culturellement difficile à réaliser, c’est donc au secteur privé que devrait échoir la création des fonds d’investissements.

“Les fonds de wilaya existent mais leur mode de fonctionnement ne correspond pas aux start-up. Il nous faut, par conséquent, repenser ces contenants à ne pas confondre avec la disponibilité de l’argent en lui-même”, suggère l’analyste financier Omar Berkouk. Pour lui, “les fonds d’investissements publics et privés peuvent exister en même temps et se concurrencer dans le sens le plus noble du terme”.

À la question de savoir si toutes les mesures prises récemment en faveur des start-up, y compris les dispositions contenues dans la loi de finances 2020, sont à même d’améliorer l’écosystème dans lequel évolue la start-up, notre interlocuteur estime qu’“on ne peut que se féliciter de la prise de conscience quant à la contribution de ce secteur d’activité à la diversification d’une économie actuellement orientée essentiellement vers les hydrocarbures.

Mais il faudra aller au-delà des déclarations d’intention, car le diable se niche dans l’exécution. Et pour concrétiser ces objectifs, il y a une véritable révolution administrative à opérer et une mobilisation des moyens. Les pouvoirs publics auront à arbitrer entre les besoins d’une industrie à faire naître et le financement d’une économie du savoir et de la technologie”.
 

Nabila Saidoun 

En Algérie, une start-up ne peut être éligible aux crédits patrimoniaux des banques et ne peut répondre aux critères des dispositifs Ansej et Cnac.

Une start-up est une entreprise qui démarre et c’est aussi, selon la définition universelle, une société innovante à fort potentiel de croissance. “C’est une entité qui provoque une rupture dans un marché”, tranche l’expert financier Omar Berkouk. L’Algérie peine à créer l’élan nécessaire au développement des start-up, quand bien même les discours en faveur de l’industrie numérique pleuvraient sans cesse, sans qu’aucun progrès ne soit réalisé.

Le problème réside “dans la rigidité de notre système financier” dans la mesure où “une start-up n’est pas finançable par le marché bancaire et financier traditionnel, parce qu’elle n’apporte pas les garanties qui sont requises en la matière”, estime Omar Berkouk. En d’autres termes, une start-up ne peut être éligible aux crédits patrimoniaux des banques qui exigent des garanties et ne peut répondre aux critères des dispositifs Ansej et Cnac qui se sont orientés vers l’entrepreneuriat dans le mode de fonctionnement de l’économie traditionnelle. “Les institutions bancaires sont sclérosées.

Rien n’est adapté à la nouvelle économie”, souligne Omar Berkouk, proposant “la création d’un fonds d’investissement” en guise de solution idoine. Il explique que “les fonds d’investissements publics existent mais ils ont un mode de fonctionnement et une destination qui ne correspondent pas aux besoins de la nouvelle économie. Il faut, de par les contraintes de gestion imposées par les autorités monétaires et financières, s’orienter vers de nouveaux mécanismes à même d’éradiquer ces obstacles qui sont de taille”.

En somme, si les banques voulaient se donner de la peine pour participer au financement de la nouvelle économie, elles devraient orienter une partie de l’épargne  de leurs  clients vers  les  fonds  d’investissement  à  créer.  Elles résoudraient, de ce fait, la contrainte du risque qu’elles ne souhaitent pas prendre en octroyant les crédits aux start-up. Plus concrètement, puisque la transformation du business model des banques sera longue et culturellement difficile à réaliser, c’est donc au secteur privé que devrait échoir la création des fonds d’investissements.

“Les fonds de wilaya existent mais leur mode de fonctionnement ne correspond pas aux start-up. Il nous faut, par conséquent, repenser ces contenants à ne pas confondre avec la disponibilité de l’argent en lui-même”, suggère l’analyste financier Omar Berkouk. Pour lui, “les fonds d’investissements publics et privés peuvent exister en même temps et se concurrencer dans le sens le plus noble du terme”.

À la question de savoir si toutes les mesures prises récemment en faveur des start-up, y compris les dispositions contenues dans la loi de finances 2020, sont à même d’améliorer l’écosystème dans lequel évolue la start-up, notre interlocuteur estime qu’“on ne peut que se féliciter de la prise de conscience quant à la contribution de ce secteur d’activité à la diversification d’une économie actuellement orientée essentiellement vers les hydrocarbures.

Mais il faudra aller au-delà des déclarations d’intention, car le diable se niche dans l’exécution. Et pour concrétiser ces objectifs, il y a une véritable révolution administrative à opérer et une mobilisation des moyens. Les pouvoirs publics auront à arbitrer entre les besoins d’une industrie à faire naître et le financement d’une économie du savoir et de la technologie”.
 

Nabila Saidoun 

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