Le docteur Abdelhafid Kaidi, praticien spécialiste des maladies infectieuses à l’établissement public hospitalier (EPH) de Boufarik, estime qu’il est un peu trop tôt pour pouvoir cerner le problème des séquelles liées à la Covid-19, rappelant que les autorités sanitaires sont encore en train de la gérer. «Nous ne sommes qu’à quatre mois de l’évolution de la pandémie, le volet des séquelles liées à la Covid-19 est un travail qui se fera ensuite de manière plus scientifique avec des études statistiques, même si les dernières publications à travers le monde, dans ce sens, concordent avec ce que nous constatons sur le terrain», relève-t-il. Affirmant que les séquelles varient en fonction de l’intensité de la forme clinique, il révèle que plusieurs patients, notamment les sujets âgés présentant des comorbidités avec des tableaux assez gravissimes et ayant nécessité une prise en charge en milieu intensif, ont présenté une détresse respiratoire, suite à l’atteinte pulmonaire causée par le virus. «Dans ce cas, l’organisme devient incapable d’absorber cet oxygène vu la lésion pulmonaire et de pouvoir le diffuser vers les vaisseaux sanguins au niveau des différents organes, à savoir le cerveau, le cœur et le rein qui peuvent être lésés», souligne-t-il.

Le spectre de l’insuffisance respiratoire

«Parmi les séquelles retrouvées chez ces patients, on peut citer des problèmes d’insuffisances respiratoires qui peuvent s’installer progressivement en rapport avec la fibrose pulmonaire», prévient-il. Selon le Dr Kaidi, ces sujets qui font des insuffisances respiratoires chroniques par la suite nécessitent rapidement une respiration artérielle à travers une oxygénation, même à domicile. Le spécialiste évoquera le cas des malades qui arrivent à récupérer cette fonction respiratoire avec une fibrose pulmonaire qui peut évoluer avec le temps, induisant une insuffisance respiratoire nécessitant par la suite une assistance respiratoire. En dehors des problèmes respiratoires, il citera aussi les atteintes de certains organes nobles affectés par cette «dessaturation» en oxygène. «Nous avons observé des cas de myocardite, c’est-à-dire une inflammation du muscle cardiaque, ou encore des troubles du rythme cardiaque», ajoute-t-il. Ces malades vont nécessiter des consultations spécifiques en cardiologie et un suivi à long terme.  Pour le Dr Kaidi, d’autres séquelles sont également observées chez des malades qui étaient en soins intensifs. Il s’agit des manifestations rénales nécessitant un suivi rigoureux pour éviter d’évoluer vers une insuffisance rénale chronique. Il fera part de l’existence de manifestations neurologiques en relation avec l’atteinte du système nerveux cérébral allant jusqu’à un accident vasculaire cérébral (AVC). «La catégorie de malades en soins intensifs peuvent avoir de sérieux problèmes de santé nécessitant un suivi et un traitement pour éviter que la situation ne s’aggrave davantage», indique le spécialiste. Dans le cas des formes bénignes de la maladie, le praticien indique que les patients se plaindront de douleurs aux articulations ou de douleurs musculaires, une asthénie notamment. «Un signe qu’on voit fréquemment chez nos patients qui présentent une fatigue au moindre effort. Ils risquent également de développer des palpitations transitoires qui peuvent perdurer dans le temps», affirme le médecin, insistant sur l’absence d’un protocole thérapeutique bien précis pour assurer la prise en charge de cette catégorie de malades qui peuvent présenter une anorexie à cause du coronavirus.

Le Pr Djenouhat craint la fibrose pulmonaire

Le professeur en immunologie, Kamel Djenouhat, chef de service à l’hôpital de Rouiba, évoquera, quant à lui, la fibrose pulmonaire qui reste le plus grand risque que peuvent encourir les personnes atteintes par la Covid-19. «Nous sommes actuellement dans la phase du «wait and see» et de ce que peuvent nous révéler les consultations post-covid», indique-t-il.
Le président de la Société algérienne d’immunologie fait savoir que l’hôpital de Rouiba a déjà commencé à effectuer des consultations post-covid, et parmi les séquelles de cette maladie, certains patients n’ont pas encore récupéré l’odorat et le goût trois mois après l’infection. «Nous avons enregistré des complications pulmonaires chez certains malades. D’autres signes de la maladie persistent chez certains patients après la période de convalescence», précise-t-il, ajoutant que «la fatigue intense constitue l’un des signes qui persistent après la guérison, d’où l’importance de prendre en charge les symptômes liés à la Covid-19».
    Kamélia Hadjib

Auteur: elmoudjahid
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