Reprise des cours à l’université
Quelque 1,6 million d’étudiants devaient rejoindre, dimanche, les bancs des universités pour rattraper un retard de tout un semestre de cours, d’examens et de soutenances, mais à la dernière minute, la tutelle change de stratégie en optant pour les cours à distance.
Interrompue en mars dernier, à cause de la crise sanitaire, l’année universitaire 2019-2020 a repris son cours hier, avec des dispositions particulières mais évolutives. Il y a eu, certes, une reprise universitaire, mais il n’y a pas eu de cours en présentiel.
Les étudiants ont fait leur rentrée en ligne. Quelque 1,6 million d’étudiants devaient rejoindre, dimanche, les bancs des universités pour rattraper un retard de tout un semestre de cours, d’examens et de soutenances, mais à la dernière minute, la tutelle change de stratégie en optant pour les cours à distance.
Une approche qui a pourtant montré ses limites et qui ne fait pas du tout l’unanimité. Actuellement, plusieurs voix parmi les étudiants et les enseignants ont exprimé leurs réserves face à ce mode d’enseignement qui exige «un débit internet aux normes», ce qui est loin d’être le cas en Algérie. Adopté en mai dernier, les étudiants et les enseignants ont trouvé toutes les difficultés à prodiguer et à suivre des cours à distance en raison, entre autres, d’un débit internet des plus médiocres.
Pire, le réseau connaît en ce moment de graves perturbations, ce qui n’est pas fait pour la réussite de cette rentrée virtuelle ! «Cette reprise est un véritable casse-tête chinois. Comment peut-on travailler en visioconférence avec un débit aussi nul, sans oublier que certains étudiants n’ont pas les moyens de se doter d’ordinateur.
En même temps, l’on craint la propagation de l’épidémie si l’université accueille ce nombre important d’étudiants. C’est un véritable paradoxe», tranche un enseignant, qui pense que la formule des cours en ligne peut réussir dans un pays où le réseau internet est nettement développé et où les coupures ne sont pas récurrentes, comme chez nous.
Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, on reconnaît que la solution numérique est difficilement applicable, car elle a été lancée depuis peu au niveau de certaines universités, mais à des degrés différents.
Paradoxe
«Les étudiants ont accès à la plateforme numérique qui est dédiée à l’enseignement à distance et aux différents cours. Ils peuvent sélectionner leur université, leur département et leur promotion. Mais il est toutefois nécessaire de satisfaire le débit internet pour qu’ils puissent suivre leurs cours et il faut aussi penser aux étudiants qui habitent dans des zones enclavées !» souligne un enseignant. D’aucuns craignent que le recours à l’enseignement à distance dans les conditions actuelles conduise à une éducation «à deux vitesses», entre les régions plus ou moins connectées et les autres.
Comment remédier à cette situation ? Les responsables au ministère de l’Enseignement supérieur se veulent rassurants : les étudiants qui n’ont pas eu accès aux cours en ligne auront des supports pédagogiques et leurs absences éventuelles aux TD et TP ne seront pas comptabilisées lors de la reprise des enseignements.
Boualem Saidani, directeur général de la formation supérieure au ministère, note qu’en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, liée à la pandémie de coronavirus, «l’année universitaire va continuer sous format numérique via les plateformes pédagogiques, jusqu’à fin août».
La tutelle rappelle que la rentrée universitaire se fera en trois temps.
D’abord, et à partir du 23 août, les enseignants chapeauteront à distance les mémoires, les mastères et les thèses de doctorat de leurs étudiants. Ensuite, et à partir du mois de septembre jusqu’à fin octobre, ils devront s’atteler à rattraper les cours du deuxième semestre, qui n’ont pas été assurés du fait de la crise sanitaire, clôturant ainsi l’année 2019-2020.
Enfin, et à partir du mois de novembre, commencera véritablement la nouvelle année universitaire 2020-2021.
«La présence des étudiants dans les campus est différée à une date ultérieure pour éviter la propagation de l’épidémie et la reprise sera annoncée par chaque établissement en fonction de la situation sanitaire», affirme le ministère, précisant qu’une cellule composée des représentants des organisations estudiantines, des syndicats des enseignants universitaires, des chercheurs et des représentants des œuvres universitaires afin de prendre les décisions pour achever l’année universitaire en cours et préparer la prochaine rentrée en fonction de l’évolution de la situation pandémique, en tenant compte de la spécificité de chaque région et université.
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Auteur: Anis Khecheba
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