Le Front de libération nationale (FLN), l’un des membres de l’alliance présidentielle, se lance déjà dans la bataille préélectorale en faveur d’un 5e mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika, alors que ce dernier, à la tête du pays depuis près de vingt ans, n’a pas encore fait part de ses intentions.
L’ancien parti unique organise aujourd’hui une «rencontre nationale» à la coupole du complexe sportif Mohamed Boudiaf, à Alger, selon l’appel à la mobilisation lancé, jeudi, par le FLN. Présidé par le coordinateur de la direction collégiale du FLN, Mouad Bouchareb, ce rassemblement intervient une semaine après l’annonce par quatre partis de l’alliance présidentielle (FLN, RND, TAJ et MPA) de leur soutien officiel à une candidature du président Bouteflika à un 5e mandat à l’occasion du scrutin d’avril prochain. Il s’agit là de la première sortie du nouvel homme fort du FLN depuis son élection à la tête de l’APN, en remplacement de Saïd Bouhadja, à l’issue de la crise dite du Parlement.
Alors que ce rassemblement se déroulera sans la participation des représentants des formations politiques de l’alliance présidentielle, des médias évoquent la participation de Abdelmakel Sellal, l’ancien Premier ministre, désigné récemment comme directeur de campagne du Président en exercice.
Réputé proche de Bouteflika, Sellal avait déjà dirigé les trois campagnes du président sortant. Pour le FLN, le meeting d’Alger sera l’occasion de montrer la capacité de mobilisation du parti autour d’un énième appel à la candidature de Bouteflika pour un nouveau bail présidentiel.
Ce meeting marquera «une étape historique nouvelle dans l’histoire du parti», en attendant l’organisation du congrès extraordinaire après la présidentielle d’avril, selon l’appel du FLN. Ouvert aux «militants et cadres» du parti «sans exclusion ou marginalisation», ce meeting reflétera l’image d’un parti «uni et solidaire» et tentera de «fédérer les forces», quelques semaines après deux crises majeures de leadership qui ont secoué à la fois l’ex-parti unique et le Parlement. Les partisans du «mouvement de redressement» y seront vraisemblablement de la partie.
Depuis plusieurs mois, le président Bouteflika est pressé par ses partisans de briguer un nouveau mandat. Outre les partis de l’alliance présidentielle, le Forum des chefs d’entreprise (FCE), réputé proche du pouvoir, l’avait appelé en septembre à se représenter. Mais, le président Bouteflika, quasiment invisible en public et gravement diminué par les séquelles d’un AVC, maintient toujours le suspense. Il n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature, à moins d’un mois de la clôture du dépôt des candidatures. Contrairement à sa précédente candidature qu’il n’avait déclaré que deux mois avant le scrutin et une dizaine de jours avant la clôture des candidatures, des médias croient savoir que l’annonce officielle d’un 5e mandat de l’actuel chef de l’Etat est imminente et devrait se faire à travers une «lettre-programme» qui sera adressée aux Algériens.
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