Dans un communiqué de presse parvenu à EcoMatin, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) dit avoir achevé, en décembre 2019, les entretiens annuels sur les politiques communes de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) et les politiques communes à l’appui des programmes de réforme des pays membres. L’un des points marquants de ce conseil est que l’institution de Bretton Woods appelle la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) à « éviter tout nouvel accord de financement » avec la Bdeac. Les administrateurs du FMI ne présentent pas les raisons de cette demande. Mais, il faut dire qu’elle arrive après l’engagement de la banque de développement, le 19 décembre dernier, d’apporter un concours financier de 126 milliards de FCFA pour appuyer des projets de développement dans la sous-région.

La recommandation du conseil d’administration du FMI remet au goût du jour une vieille querelle autour des sources de financement de la Bdeac. Un malaise plane entre la banque centrale et la banque de développement. Si la Bdeac a bel et bien engagé des réformes pour améliorer sa gouvernance, le FMI s’oppose toujours à la reprise de mesures de soutien en sa faveur par la banque centrale, son actionnaire de référence avec 33,43% du capital.

La dette de la Bdeac vis-à-vis de la Beac s’élève à 220 milliards de FCFA« Notre conseil d’administration évaluera la mise en œuvre effective des réformes de la gouvernance qu’il a recommandée, ainsi que celles prescrites lors de la séance extraordinaire de la Conférence des chefs d’État du 25 octobre 2018 à N’Djamena, avant d’autoriser tout nouveau financement à la BDEAC», indiquait le gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli, dans une lettre d’appui au FMI, relative aux programmes de redressement et de réformes des pays membres de la Cemac.

Pour lui, cette mesure relevait de la sauvegarde des intérêts de la Beac, compte tenu du financement relativement élevé fourni à sa consœur. La Beac a ainsi été appuyée dans cette posture par le FMI, qui estime que « le rôle d’une Banque centrale n’est pas de financer une Banque de développement », la Bdeac devant s’employer à chercher d’autres sources de financement afin de réduire l’exposition de la Beac.


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Depuis lors, la Bdeac a été soumise à un programme de réformes visant, entre autres, le renforcement de sa gouvernance, l’arrimage de sa gestion aux standards internationaux, l’amélioration de son efficacité fonctionnelle et opérationnelle, la modernisation de la gestion du personnel. Il lui faut également définir de nouvelles règles d’éthique et de déontologie applicables aux administrateurs, aux dirigeants et au personnel, élargir sa zone d’intervention et trouver de nouvelles formes d’intervention.

Auteur: Francky
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