L’instruction judiciaire des affaires de corruption et de détournement de deniers publics pour lesquelles sont poursuivis d’ex-haut responsables s’est poursuivie hier au ni tribunal de Sidi M’hamed .
Dans ce cadre, c’est un opérateur dans le domaine de l’industrie automobile, le groupe Mazouz en l’occurrence, à propos duquel les deux ex-Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, les ex- ministres, Abdelghani Zaâlane, et Youcef Yousfi ayant dirigé, pour le premier le département des Travaux publics et des Transports, et pour le second celui de l’Industrie et des Mines, ont été entendus par le juge d’instruction. Ahmed Mazouz, propriétaire du groupe privé éponyme a également été auditionné dans le cadre de cette même affaire.
Des auditions qui pourraient s’élargir à d’autres membres de sa famille, indique-t-on de sources concordantes. L’instruction traite des activités menées par le groupe dans le domaine du montage de l’industrie automobile dont l’enquête préliminaire a fait ressortir des soupçons de corruption et d’octroi d’indus privilèges au bénéfice du groupe Mazouz, ce qui suppose en outre l’existence d’infractions au code des marchés publics, d’abus de fonction, de détournement de deniers publics et de corruption. Autant de griefs lourdement condamnables en vertu notamment des dispositions contenues dans la loi relative à la lutte et à la prévention de la corruption. A rappeler, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, placés en juin dernier en détention provisoire, par le juge d’instruction près la Cour suprême, sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats, dilapidation de deniers publics, abus de pouvoir et de fonction et conflit d’intérêts. D’autre part, et concernant l’affaire KIA, également objet d’une instruction judiciaire ouverte par le parquet d’Alger,  la Cour suprême a été rendue destinataire, avant-hier, du dossier relatif aux procédures suivies à l’encontre de quatre anciens ministres mis en cause dans le cadre du traitement de cette affaire.
Le dossier en question lui a été remis par le parquet général près la cour d’Alger indique la Cour suprême dans un communiqué où il est précisé que la même institution «enclenchera les procédures de poursuite judiciaire conformément au Code de procédure pénale».
Le 20 juin dernier, le patron de KIA, Hacène Arbaoui, a été, pour rappel, placé en détention provisoire à la prison d’El Harrach, par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. Rappelons également que les autorités judiciaires, à leur tête le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Slimane Brahmi, n’a eu de cesse d’appeler à une application ferme de la loi en matière de lutte et de prévention de la corruption. Il a notamment affirmé dimanche que la lutte contre ce fléau, dont il a assimilé les effets dévastateurs aux dangers du terrorisme et du crime organisé, «ne peut être effective que dans le cas où elle sera couronnée par la restitution de l’argent détourné à l’intérieur et l’extérieur du pays». Il a également mis en exergue la nécessite de mettre en place des mécanismes susceptibles de préserver le bon fonctionnement des entreprises dont les propriétaires et gérants sont en détention provisoire dans le cadre de l’opération «Mains propres».
 Karim Aoudia

Auteur: elmoudjahid
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