C’est dans un contexte politique particulier, que la corporation des journalistes célèbre la Journée internationale de la presse, correspondant au 3 mai. 

En effet, le mouvement des manifestations pacifiques enclenché depuis  le 22 février, s’il a impacté positivement comme l’affirment certains sur la consolidation de la libre expression, interpelle, selon d’autres,  les professionnels des médias quant à la nécessité de faire valoir plus que jamais les règles de  l’éthique et de la déontologie. 

Et pour cause, dans une conjoncture où les réseaux sociaux évoquent l’actualité algérienne par un afflux de données qui ne sont pas forcément  fondées, il est du rôle, voire de  la responsabilité du journaliste professionnel d’apporter l’éclaircissement nécessaire dans le sens à faire le distinguo entre ce qui est vrai et erroné. A la base, les réseaux sociaux ne peuvent en aucun cas constituer une source de référence pour les journalistes. Toutefois, eu égard à leur influence de plus en plus forte sur la société, il serait plutôt indélicat de les ignorer. Le mieux, pensent les spécialistes, serait de s’imprégner du contenu retransmis à travers ces espaces de communications de masses pour ensuite engager un travail d’investigation pour en faire un produit médiatique dans les normes  professionnelles requises, et ce sans jamais détacher du principe de base du métier du journaliste, celui de diffuser une information juste, objective et responsable. 

C’est dans cette optique d’ailleurs, et tenant compte des mutations politiques survenues depuis le 22 février, que nos confrères du service publique (ENTV, ENRS et APS) ont eu à manifester plusieurs fois leur volonté d’une plus large ouverture, exprimant dans ce sillage leur refus absolu de limiter leur couverture uniquement à la retransmission des activités officielles. Par ailleurs, la célébration de la journée internationale de la presse a été marquée cette  année par la  naissance d’un  nouveau syndicat sous l’appellation du Conseil national des journalistes  algériens (CNJA)  dont  l’assemblée constitutive a eu lieu ce jeudi à Alger. L’évènement a vu  la participation de plus de 100 journalistes, venus de différentes wilayas pour confirmer leur représentativité au sein de cette nouvelle organisation syndicale, qui a pour objectif «la défense les droits socioprofessionnels des journalistes». Le constat à ce niveau est déplorable à plus d’un  titre. En plus des conditions sociales précaires dont lesquelles évoluent beaucoup de nos confrères dont certains n’ont pas perçu leur salaire depuis des mois, le volet de la formation notamment des jeunes journalistes fait défaut. L’accès aux sources d’information  demeure encore problématique. Ce sont là des questions de fond qui méritent un traitement et une prise en charge à la hauteur des objectifs assignés à la presse en sa qualité de défenseur des valeurs de la République et des intérêts de la nation. 

 Karim Aoudia   

Auteur: elmoudjahid
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