
La nouvelle a choqué tout le monde. Le militant des droits de l’Homme et activiste politique, Kamel Eddine Fekhar (54 ans), est décédé, hier matin, à l’hôpital Frantz Fanon de Blida, où il a été transféré dans un état critique après près de deux mois de grève de la faim dans la prison de Ghardaïa.
«Un meurtre ! Un assassinat politique abject», dénoncent des citoyens et des militants politiques et des droits de l’homme, outrés par l’acharnement judiciaire contre cet homme qui ne faisait qu’exprimer ses idées pacifiquement.
Arrêté fin mars dernier suite à une interview diffusée sur le réseau social Facebook, Kamel Eddine Fekhar a entamé aussitôt une grève de la faim pour dénoncer son incarcération «injuste». Malgré la dégradation de son état de santé et les alertes de son avocat, Salah Dabouz, il n’a, visiblement, pas été pris en charge à temps au niveau du pavillon carcéral de Ghardaïa, où il était interné depuis le 26 avril dernier.
Selon des sources au service du CHU de Blida, citées par l’agence APS, le défunt a été transféré vers la structure, lundi soir, dans un état comateux. «Il a rendu l’âme vers 6h du matin, ce mardi», explique la même source.
Le premier à avoir annoncé la nouvelle de son décès est Me Dabouz qui dénonce, dans une vidéo postée sur sa page Facebook, «un meurtre prémédité de Kamel Eddine Fekhar». «Je dénonce cet acharnement et cette mort programmée prévus par les autorités judiciaires de Ghardaïa.
Kamel Eddine a été mis en détention pour un dossier vide décidé par le procureur général de Ghardaïa, exécuté par le juge d’instruction de la première chambre sous la pression du procureur de la République et du procureur général», lance-t-il.
Salah Dabouz s’en prend également au wali de Ghardaïa qui avait dans son viseur les militants politiques et des droits de l’homme. «Le wali de Ghardaïa a toujours stigmatisé les militants des droits de l’homme ; il les a condamnés, avant que la justice n’examine leur dossier», déplore-t-il.
Acharnement judiciaire
Ce faisant, l’avocat rappelle avoir tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé de Fekhar, mais il n’a pas été écouté. «J’ai tiré la sonnette d’alarme depuis trois semaines pour dire que Fekhar et Aouf Hadj Brahim étaient détenus dans des conditions inhumaines dans le pavillon carcéral de Ghardaïa.
Rien n’a été fait. J’ai déposé pour le compte de Me Zahi une demande de mise en liberté pour Aouf et Kamel, le juge d’instruction l’a refusée en un temps record», précise-t-il. Poursuivant, Salah Dabouz accuse aussi «toutes les autorités judiciaires et administratives qui ont traité ce dossier». «J’appelle les autorités centrales et onusiennes à examiner le dossier.
Il n’y a que le dossier qui peut nous dire si Fekhar a commis des actes graves. Il n’a rien fait, il n’a fait qu’une interview sur ma page», lance-t-il.
Kamel Eddine Fekhar avait été arrêté dans la foulée des événements de Ghardaïa en 2015. Maintenu en détention provisoire pendant près de deux ans. Il n’a été libéré qu’en 2017, après un procès qui n’est intervenu qu’après plusieurs semaines de grève de la faim.
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Auteur: Hicham Chouadria
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