En dépit du lourd héritage légué par la gestion de l’ancien régime ayant axé son orientation sur le «tout-import», l’industrie nationale dispose de suffisamment de compétences pour réussir une relance compétitive, a affirmé, hier, le ministre de l’Industrie et des Mines, Ferhat Aït Ali, hier à Alger au terme de sa visite d’inspection des groupes Gitex et Saïdal, où il s’est enquis de leur capacité de production matérialisant leur engagement dans la lutte contre le coronavirus.
Le ministre de l’Industrie a mis en relief le fait que l’outil de production national «demeure intact et dispose des capacités nécessaires pour rebondir après une période de 20 ans de gestion catastrophique».
Une gestion ayant impacté lourdement le marché national par des importations excessives en tous genres, ce qui s’est répercuté négativement sur les capacités financières des entreprises publiques confrontées, depuis, à de sérieux problèmes structurels. «Les entreprises se sont retrouvées piégées par le ‘‘tout-import’’», a affirmé le ministre. A ce titre, la stratégie de relance du secteur repose essentiellement sur la production nationale, et c’est là un principe de consolidation de notre souveraineté. «Aucune nation au monde ne pourrait prospérer si elle dépend indéfiniment de l’importation, et ce, quelle que soit sa situation financière ou le niveau de ses réserves de change», fait-il remarquer.
«Les secteurs public et privé condamnés à s’entedre»
«Les compétences algériennes sont toujours là et demeurent mobilisées pour la redynamisation du secteur et apporter leur contribution à la consécration de la relance dont la feuille de route élaborée à cet effet inclut les entreprises publiques et privées», a-t-il assuré. «Le public et le privé sont condamnés à s’entendre», a souligné M. Aït Ali lors d’un point de presse animé dans l’enceinte de l’unité de production du groupe Saïdal d’El-Harrach, où il s’est enquis des capacités de cette entreprise pharmaceutique en matière notamment de production du Paracétamol et de gel hydro-alcoolique, des produits fortement demandés en ces temps difficiles. Il affirme que Saidal peut répondre à la demande, pour la production de chloroquine. Néanmoins, la quantité déjà disponible évaluée à plus de 324.000 unités est largement suffisante, du coup, l’option de la production de ce médicament n’est pas, pour l’heure, à l’ordre du jour, a-t-il expliqué. «Il faudrait aussi veiller à rationnaliser notre production nationale», a-t-il insisté.
«Malgré les contraintes auxquelles fait face Saidal, notamment la concurrence déloyale et les problèmes de gestion interne, cette entreprise a répondu présent et de manière rapide face à cette catastrophe mondiale», avait fait savoir le ministre lors de son intervention mardi à la Radio nationale.
Hier, il a mis l’accent sur la capacité des entreprises algériennes à produire des respirateurs artificiels de réanimation, citant le cas de l’Enie qui dispose de compétences pour relever ce défi.
La production des masques chirurgicaux optimisée
Le ministre s’est rendu, auparavant, au siège du Groupe des textiles et cuirs (Gitex) à Chéraga, où il s’est enquis du rythme de production des masques chirurgicaux dont la capacité est estimée à 2 millions d’unités par mois, exhortant les responsables de l’entreprise à produire mensuellement 5 millions de bavettes.
Dans cet ordre d’idées, le DG de Gitex, Mokrane Zerrouk, assure que l’entreprise dispose d’une quantité suffisante de matière première pouvant lui permettre d’atteindre un seuil de production de 12 millions de masques par mois. Il fera part aussi d’une forte demande sur ce produit, néanmoins la priorité pour Gitex est de répondre aux besoins de la Pharmacie centrale afin que ce moyen protecteur soit mis à la disposition du personnel soignant. «La demande sur le masque chirurgical est grande, elle émane aussi des institutions, des entreprises publiques ou privées ainsi que des associations. Notre priorité est de satisfaire la direction de la Pharmacie centrale», a souligné le même responsable.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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