«En dépit du ralentissement de l’activité industrielle, le taux de consommation d’eau potable des ménages a augmenté de 10%, et ce depuis le début de confinement en mars dernier», a déclaré, hier, le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, lors d’une visite de travail et d’inspection à Boumerdès. Cette hausse est due aux mesures de confinement décrétées depuis l’identification des premiers cas contaminés au coronavirus.
Le ministre explique que «le volume de consommation des foyers est plus important que celui réservé aux zones industrielles», indiquant que le taux de remplissage des barrages est estimé à 62%, soit 4,2 milliards m3, malgré les fortes consommations, depuis le mois de janvier dernier.
Les derniers apports pluviaux ont permis de compenser les pertes et de reconstituer les réserves, la demande avoisine 1,8 milliard  m3, mais les réserves sont suffisantes pour satisfaire la demande à l’approche de la saison estivale qui enregistre une hausse considérable. À cet effet, M. Berraki a exhorté les cadres de son département à plus de rigueur dans la gestion professionnelles des ouvrages, infrastructures et administrations.
Lors d’une halte au barrage de Keddarra, M. Berraki a insisté sur la rationalisation de la consommation d’eau potable, exigeant des responsables locaux d’identifier les raisons du dysfonctionnement constaté dans cette wilaya qui «enregistre une production quotidienne de 260.000 m3, dont plus de 90.000 m3 sont perdus».
Cette situation a fait que 10 communes parmi les 32 dépendant de la wilaya de Boumerdès souffrent toujours de coupures récurrentes, alors que uniquement 23 chefs-lieux de communes sont alimentés régulièrement.
M. Berraki a relevé que dans cette région à fort potentiel agricole et touristique, plus d’un tiers de ses habitants ne profite pas d’une distribution régulière d’eau potable.
Il annonce, à cet effet, la mise en place d’un comité d’inspection qui aura pour mission de cerner les anomalies dans la gestion des structures de son département dans cette wilaya. Le ministre a déclaré que la wilaya de Boumerdès a bénéficié d’une enveloppe de 3.300 milliards de centimes pour les projets d’hydraulique de cette région, alors qu’aucun projet n’a vu le jour depuis 2011.
Par ailleurs, il a fait savoir que des «mesures ont été prises par le ministère de l’Environnement pour contrecarrer les agressions dues à une urbanisation incontrôlée qui a fait perdre plus de 50% des terres agricoles irriguées». Il rappelle, à ce titre, que la protection de ces terres «fait partie des priorités du gouvernement, car il s’agit de la sécurité alimentaire».

10 milliards de dinars de créances impayées à l’Algérienne des eaux

M. Berraki a indiqué par ailleurs que le montant des créances impayées est de l’ordre de 10 milliards de dinars jusqu’à la fin avril. «On n’a pas procédé à des coupures pour non- payement», affirme le ministre, soutenant que des mesures vont être prises en vue «du recouvrement de ces dus, devenus une charge pour les organismes chargés de la distribution de l’eau et impactant négativement leur développement». Il a annoncé également l’ouverture d’agences commerciales.
S’agissant de la wilaya de Boumerdès, Berraki a affirmé que les zones d’ombre sont identifiées et seront prises en charge par le ministère de l’Intérieur, ainsi que par son département, en vue de lancer des projets pour le développement local.
Au terme de sa visite, le ministre a honoré les lauréats au concours national organisé à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau. Il s’agit, notamment de Belhamrane Mohamed de Biskra, pour son projet de système d’irrigation intelligent, et d’El-Khansa Laâmach de Sétif, pour son projet de modèle mathématique des réseaux d’assainissement des eaux pluviales, dans le cadre de la prévention contre les inondations.
    Tahar Kaidi
 

Auteur: elmoudjahid
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