La pandémie du Covid-19 est en train de provoquer un ébranlement planétaire, c’est le moins que l’on puisse dire. Aussi, en rappelant qu’en faisant perdre aux américains leur «puissance», la crise financière de 2008 avait poussé Pékin à les défier, l’historien américain Hal Brands affirme que, si «aujourd’hui le pays qui prétend conduire le monde gère de façon particulièrement décevante la plus grande crise mondiale de ce siècle, nul doute que le coronavirus va inciter, de nouveau, les chinois à discréditer et à supplanter la domination américaine sur les affaires du monde».

Déclarant avoir endigué la propagation du virus tout en
étant soucieuse, par ailleurs, de faire oublier les aspects de la pandémie qui
mettraient en cause son «culte du secret» et son «autoritarisme», la Chine
joue, désormais, le rôle du bon samaritain en envoyant ses avions remettre du
matériel sanitaire et des équipements médicaux à l’Italie et à la France mais
aussi à la Serbie et au Libéria. Il y a lieu de signaler, également, qu’après
avoir «chargé» un avion de la Royal Air Maroc, en escale à Pékin, d’équipements
sanitaires et médicaux, les autorités chinoises ont proposé à Nacer Bourita,
chef de la diplomatie marocaine, lors d’une vidéo-conférence, de faire
bénéficier le Royaume, de l’expérience des médecins chinois en cas
d’aggravation de l’épidémie.

Déclarant avoir terrassé le virus qui ébranle la planète
alors même qu’à ce jour, il n’y a encore aucune visibilité ni sur la durée de
la pandémie ni sur l’ampleur réelle des dégâts qu’elle occasionnera, l’Empire
du milieu vole donc au secours d’une Europe déboussolée encore aux prises avec
un ennemi invisible qui, chaque jour, gagne du terrain  alors que l’Amérique de Donald Trump,
déstabilisée et affaiblie du fait de sa très mauvaise gestion de la crise
sanitaire mondiale, «en prend plein la gueule».

Ainsi, après la guerre commerciale, le conflit sur la 5G, la
question de Hong Kong, les affaires d’espionnage et les tensions créées par les
activités militaires de Pékin en mer de Chine méridionale, le Coronavirus est,
désormais, au cœur de la guerre froide que se livrent les Etats-Unis et la
Chine mais qui se limite encore aujourd’hui à une «guerre de mots» et à des mesures
d’expulsions «réciproques».

Répondant, en effet, à la décision jugée « scandaleuse » de
Washington de réduire considérablement le nombre de journalistes chinois
autorisés à travailler aux Etats-Unis pour le compte des médias de leur pays,
Pékin a accordé un délai de dix jours aux correspondants du «New York Times»,
du «Washington Post» et du «Wall Street Journal» pour restituer, aux autorités
chinoises, leurs «cartes de presse » (accréditations) après que trois reporters
du «WSJ» aient déjà été expulsés en fin février.

Considérant qu’il n’y aurait aucun rapport entre ces
expulsions puisque celles qui avaient été effectuées par Washington n’avaient pas
concerné des «journalistes» mais des «membres des organes de propagande
chinoise», le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, exhorte les
autorités de Pékin à revoir leur décision dès lors qu’elle empêcherait « le
monde de savoir ce qui se passe vraiment à l’intérieur du pays». Lui emboitant
le pas, le «Washington Post » dénonce, pour sa part, une «limitation de
l’information» qui, en intervenant en pleine crise mondiale, ne pourrait
qu’aggraver la situation.

Mais la « guerre froide » qui sévit actuellement entre
Washington et Pékin semble bien être là pour durer puisque même le racisme s’y
est invité. D’ailleurs, même sur le plan sémantique, Mike Pompeo ne parle ni de
«coronavirus» ni de « Covid-19 » mais bel et bien de «virus chinois» et de
«virus de Wuhan» ; une dénomination, à relents fortement racistes, qui, après
avoir été reprise ce lundi soir par un tweet de Donald Trump, n’a fait
qu’attiser la colère des autorités chinoises qui n’y voient qu’une
stigmatisation de leur pays.

Enfin, en rappelant que les résultats scientifiques dont on
dispose actuellement ne donnent pas encore d’indications précises quant à
l’origine du virus, l’Agence de presse officielle «Chine Nouvelle» regrette
l’utilisation d’expressions racistes et xénophobes n’ayant pour seul but que de
jeter, automatiquement et sans preuves, 
la responsabilité de l’épidémie sur le pays où le coronavirus a été
détecté pour la première fois.

Qui de la pandémie du coronavirus et du bras-de-fer
sino-américain va encore faire parler de lui pendant longtemps ? Attendons,
pour voir…

Nabil El Bousaadi

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Auteur: M’hammed rahal
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