Imintanoute (Province de Chichaoua) – La ville d’Imintanoute relevant de la province de Chichaoua a vibré, du 16 au 19 janvier, aux rythmes d’une série d’activités à caractère artistique et culturel visant à mettre à l’honneur la richesse et la singularité du patrimoine amazigh dans ses différentes facettes.
A cette occasion, une pléiade de chercheurs, d’intellectuels et de musiciens se sont donnés rendez-vous dans le cadre du forum d’art de créativité et du patrimoine, un événement phare signé l’Association « Imintanoute pour le Dialogue culturo-artistique », le temps de débattre de moult questions sur la promotion et la préservation du patrimoine amazigh en vue de sa transmission aux générations montantes.
Organisée en partenariat avec le Conseil de la Région de Marrakech-Safi, cette rencontre vise à contribuer à la dynamique d’enregistrement du patrimoine culturel et artistique amazigh, à faire la lumière sur la situation du chant et de la musique amazighe à Imintanoute, et à mettre en oeuvre les efforts intellectuels, individuels soient-ils ou collectifs, consentis par l’ensemble des acteurs opérant dans ce domaine (chercheurs, médias, créateurs, praticiens, professionnels et société civile).
Ce rendez-vous culturel se veut, selon ses initiateurs, un premier pas sur la voie de la consécration de la recherche en littérature et culture amazighes sur des bases plus solides, avec toute la précision et l’objectivité requises.
Cet événement a servi, en outre, d’occasion pour aborder le contexte socio-économique et culturel de l’émergence des troupes musicales à Imintanoute et leur expérience, tout en s’interrogeant sur leur valeur ajoutée sur la scène artistique locale.
Lors de deux conférences axées respectivement sur « la poésie amazighe entre la narration orale et les exigences de la documentation » et « Les troupes musicales à Imintanoute : le contexte, la naissance et le parcours », les participants ont souligné l’impératif de revoir tout ce qui a été rassemblé sur la poésie amazigh notamment chez les « Rwayess » (chefs des troupes musicales amazigh) en vue de parvenir à une meilleure codification de ce patrimoine ancestral et assurer ainsi sa meilleure préservation.
Dans la foulée, ils ont mis en avant l’importance de tirer profit des outils et moyens offerts par les sciences modernes d’un point de vue méthodologique pour enrichir le champ de la recherche scientifique concernant ce patrimoine oral.
Les différents panélistes ont plaidé en faveur de la promotion de la codification de ce patrimoine oral sur la base des opportunités offertes sur le plan scientifique et ce, loin de tout amateurisme, approche sélective, impressionnisme ou anarchie en matière d’interprétation et de compréhension de ce patrimoine.
« Le respect du lecteur que ce soit actuellement qu’à l’avenir en ce qui concerne le patrimoine oral qu’on veut lui soumettre, tout en veillant à ce que la matière qu’on lui présente soit vérifiée, crédible, objective et fondée sur des bases scientifique et empirique », ont-ils expliqué.
Les différents intervenants ont été, en outre, unanimes à soulever le caractère impératif à respecter, à la lettre, les différentes étapes qu’imposent les méthodologies de la recherche scientifique lors de la recherche et de la vérification des moindres détails concernant le patrimoine oral.
Ils ont aussi invité tout chercheur averti dans ce domaine à tirer profit des opportunités qu’offrent les sciences humaines modernes, tout en favorisant une démarche prônant la quête de vérité et le respect de l’opinion de l’autre.
Les différents participants ont, par ailleurs, mis l’accent sur le contexte historique ayant favorisé l’émergence des troupes musicales à Imintanoute en tant que phénomène « artistique », « musical » et « culturel » à vocation urbaine (villes) au niveau national comme au plan local durant les années 70 du siècle passé, avec un accent particulier sur les changements socio-économiques qu’a connus le Maroc durant les années 40, 50 et 60 ayant conduit à l’émergence d’une couche moyenne d’origine rurale dans les grandes villes et les centres urbains émergents.
Après avoir passé en revue une série de facteurs socio-économiques d’ordre endogène ayant contribué à l’accélération de l’émergence de troupes musicales au niveau de de la ville d’Imintanoute, ils ont expliqué qu’une telle émergence avait coïncidé avec l’apparition de groupes musicaux dans d’autres villes du Royaume, à l’instar de Jil Jilala, Nass El Ghiwane, Lemchaheb, Oussmane, Izenzaren, Izmaz, Archach…etc.
Et de conclure qu’il appartient plus que jamais à tous de s’intéresser davantage au phénomène des groupes musicaux au Maroc et à oeuvrer en vue de la préservation et la promotion du patrimoine de ces groupes.
L’un des moments forts de ce rendez-vous artistique et culturel a été l’organisation d’un atelier d’arts plastiques au profit de plusieurs dizaines d’élèves issus d’établissements scolaires d’Imintanoute.
A l’issue de ce Forum, le public a été convié, dimanche soir, à une grande soirée musicale, une occasion pour un groupe d’artistes notamment Driss El Bouazzaoui et Raïss Hassan Taousse, et les troupes folkloriques « Ahouach Imintanoute » et « Houmada » d’interpréter un florilège de chansons tirées du répertoire musical populaire et amazigh riche et varié et ce, pour le bonheur et le plaisir de tous.
Auteur: Meriem IGASS
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