
Rencontre les débats de l’UMMTO, hier, à Tizi Ouzou
Les «Débats de l’UMMTO» sur la transition démocratique qu’organisent les enseignants, étudiants et le personnel ATS se sont poursuivies, hier, à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou (UMMTO), avec au programme une table ronde sur le thème «Quel syndicalisme pour quelle Algérie».
Ainsi, Aïssa Rahmoune, du collectif des avocats de la wilaya de Tizi Ouzou, a souligné que les robes noires qui ont marché le 22 février ont réussi défier l’ordre établi : «Avant cette date, il y avait un fait accompli qui nous était imposé.
Les avocats ont fait beaucoup de résistance devant cette situation, qui a disparu avec la création d’une autre forme d’organisation se basant sur les forces vives et la société civile. Après dix ans de terrorisme et vingt ans de corruption, aujourd’hui, le syndicalisme est un miracle.»
De son coté, Samir Leslous, du collectif des journalistes de Tizi Ouzou, a estimé que «le pouvoir a toujours agi contre l’organisation dans la corporation pour mieux la maîtriser».
«Il a, d’ailleurs, réussi à éloigner la presse de sa vocation initiale en imposant un certain mode de fonctionnariat, et ce, pour qu’il n’ait pas de syndicat fort», a-t-il ajouté, en précisant que les journalistes ne trouvent pas de syndicats pour les défendre devant la situation de précarité et les pressions judiciaires.
«Ils subissent une double peur», a-t-il souligné avant de plaider pour une autonomie d’action qui permettra de rassembler les gens de différents secteurs. «S’organiser en tant que corporation pourra prémunir le mouvement populaire de certain dérapages comme la manipulation», a-t-il préconisé. Mahmoud Haddadou, représentant du CNES de Tizi Ouzou, a, pour sa part, rappelé que la structuration du monde ouvrier a commencé durant la Révolution.
Toutefois, a-t-il regretté, les organisations mises sur pied durant cette période ont été détournées, après l’indépendance, pour devenir des structures satellitaires du système. «Le pouvoir a empêché les syndicats autonomes nés sur la base corporatiste de s’unir, et ce, pour ne pas faire de l’ombre à l’UGTA», a-t-il affirmé.
Le même intervenant a ajouté que le mouvement populaire enclenché le 22 février dernier doit être structuré. Toutefois, il estime que la société civile et la population craignent la représentativité (récupération des leaders par le pouvoir). «Il faut réinventer d’autres formes de lutte», a-t-il suggéré, avant que Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, parle de la nécessité de l’implication effective des syndicats dans le travail de réorganisation et dans la transition.
Rachid Seddiki, coordinateur du Snapap de la wilaya de Tizi Ouzou, a également évoqué le rôle que jouent les syndicats autonomes dans le mouvement populaire.
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Auteur: Hicham Chouadria
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