Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a annoncé l’élaboration d’une charte d’éthique des pratiques électorales, qui sera signée à la fois par l’ANIE, les candidats et la presse, avant le début de la campagne électorale.
L’autre annonce importante révélée, à la faveur de la conférence de presse, qui a été animée samedi après-midi, au siège de l’Anie, au Palais des nations de Club-des-Pins (Alger), concerne le fichier électoral national. Et là, visiblement, l’on s’attend à une bonne nouvelle puisque Mohamed Charfi a déclaré que « ce qui était considéré auparavant comme impossible est devenu aujourd’hui une réalité et un acquis pour l’Algérie». Le président de l’ANIE n’en dira pas davantage, laissant, ainsi, les journalistes toujours sur leur faim. Cependant, il promet la présentation, au courant de la semaine prochaine, d’un exposé « détaillé » sur le fichier électoral national.
Il faut dire également que lors de cette conférence de presse consacrée à l’annonce de la liste des candidats à la prochaine présidentielle du 12 décembre, le président de l’ANIE a mis l’accent sur l’engagement pris par son instance aux fins de garantir une élection «régulière» et «démocratique», comme il a insisté sur le fait que les membres de l’Autorité sont «mobilisés» pour «préserver» le choix du peuple. Par ailleurs et en réponse à une question relative à d’éventuels pronostics concernant le taux de participation à cette présidentielle, Charfi a affirmé que l’ANIE «s’emploie à convaincre les citoyens que les pratiques qui étaient à l’origine de son abstention seront supprimées». Le président de l’ANIE, qui a mis en relief le travail «colossal» accompli tout au long du processus électoral par les 50 membres, citera, à titre d’exemple, l’opération qui vient d’être terminée, à savoir celle de l’examen des dossiers des postulants à la candidature à la magistrature suprême du pays. Il soulignera, dans ce cadre, qu’il s’agit d’une opération ayant requis des moyens matériels et humains «importants» et ce, à travers la mobilisation de plus de 33 conseillers de la Cour suprême, 10 conseillers du Conseil d’Etat, 20 greffiers et 40 membres de l’ANIE pour la vérification et l’examen manuel des dossiers, outre 170 agents administratifs et 15 ingénieurs. C’est dire l’ampleur du travail «minutieux» effectué.
Vers un amendement des textes en vigueur ?
L’on apprendra également que sur les 10 millions de formulaires de souscription de signatures individuelles retirés par 143 postulants, seulement 876.255 ont été récupérés, soit un taux de 2%. Ce chiffre constitue, selon le président de l’ANIE, une perte sèche pour le Trésor public. « Cela nous amène à réfléchir, à l’avenir, à amender la loi y afférente pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise », a plaidé Charfi.
Pour rappel, le président de l’ANIE avait animé cette conférence de presse pour annoncer les cinq dossiers de candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre qui ont été retenus. Les cinq candidats concernés par la course électorale sont le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi, le président du Mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, le président du parti Talaie El Houriyet, Ali Benflis, et le président du Front Al-Moustakbel, Abdelaziz Belaid. Ces derniers remplissent «toutes les conditions requises pour la candidature à la présidence de la République sur les 23 dossiers de postulants déposés», a notamment expliqué M. Charfi. Pour ce qui est des dossiers restants, ils n’ont pas été acceptés car ne remplissant pas les conditions légales prévues par la loi organique relative au régime électoral. Les candidats dont les dossiers ont fait l’objet de rejet peuvent éventuellement introduire un recours, comme effectué notamment par M. Belkacem Sahli, SG de l’Alliance nationale républicaine (ANR). Il faut dire que beaucoup de travail attend l’ANIE ces jours-ci puisqu’elle est chargée d’organiser tout le processus électoral, et ce, dès le début de l’opération d’inscription sur les listes électorales et leur révision. L’ANIE a pour mission essentielle, également, de préparer les opérations de vote, de dépouillement et de veiller à assurer la réussite du scrutin.
Soraya Guemmouri
Auteur: elmoudjahid
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