Essaouira- Le Quartet marocain  »HBS » invité, dimanche à Dar Souiri à clore en toute beauté le Festival « Printemps Musical des Alizés », a convié le public à apprécier les opus d’Eric Satie, tels que revisités à partir d’une croisée des chemins de la musique classique, du Jazz et des musiques du monde.

Avec Hamza Bennani Smires à la trompette et bugle, M’hamed El Menjra à la Contrebasse, Xavier Sarazin à la Batterie, et Guillaume Desbois au piano, le Quartet a ainsi offert aux festivaliers parmi les hôtes de la cité des alizés une aventure musicale hors-pair, en partance au-delà de toutes les limites de la musique classique.

L’ambition de ce projet est de transporter le spectateur dans l’univers des merveilleuses compositions de Satie, personnage unique, avant-gardiste et original, et de le placer au coeur de la transformation de cette matière à l’aune des propres influences Jazz modernes et métissées.

Près d’une heure et demi durant, Bennani Smires, tantôt à la trompette tantôt au Bugle, a invité, en toute générosité, l’assistance à surfer entre les oeuvres d’Eric Satie  »revisitée », et ce, à travers une insertion toute intelligente que subtile et cohérente de rythmes et sonorités tirés des musiques du monde comme de la pure musique chaâbi marocaine.

Une véritable aventure musicale intitulée  »Les Folies de Satie » qui vaut amplement le détour, et qui n’a pas laissé le public indifférent notamment face à l’originalité, à la singularité et à la magie des rythmes.

Dans une déclaration à la presse, M. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi et Président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, a relevé que cette clôture de la 19è édition du Festival Printemps Musical des Alizés « fera date, eu égard au nombre impressionnant du public présent, à son adhésion, à sa participation et à son enthousiasme par rapport à ce que ces musiciens marocains nous ont proposé pour revisiter le répertoire d’Eric Satie, mais à leur façon ».

 »Je crois que cette année aura probablement marqué un seuil pour ce festival qui a maintenant 19 ans », a-t-il estimé.

M. Azoulay a, dans ce sens, exprimé sa joie quant à cette formule « ‘que nous avons proposée et qui a été adoptée pour redonner à la musique de chambre et l’art lyrique, cette proximité, cette intimité, ce fait que chacun des mélomanes nombreux cette année, à exprimer à l’Association Essaouira-Mogador, son immense gratitude, et ce n’est pas toujours le cas, pour permettre et faire en sorte que ce festival donne à chacun et à chacune la possibilité d’être dans la musique ».

 »Pour tous ceux qui sont un peu partout dans le monde, lorsque la musique est invitée dans tel pays ou telle ville, ils sont aussi à Essaouira et nous disent ici que ce qui se passe en 4 jours n’a sans pareil nulle part », s’est-il félicité, précisant que l’universalité des musiques et notamment de la musique de chambre, a son adresse, sa place et sa légitimité au Maroc et à Essaouira qui a maintenant à son actif plusieurs rendez-vous incontournables.

Tout en louant au passage la qualité et la richesse du programme soigneusement concocté pour cette 19è édition, M. Azoulay a relevé que  »la formule proposée d’avoir trois espaces pour ce festival : espaces intimistes, espaces où les micros ne sont pas invités, Dar Souiri, la Synagogue histoire-mémoire de Bayt Dakira, et l’Eglise d’Essaouira, se sont révélés des lieux encore plus magiques qu’ils ne le sont naturellement ».

 »Lors du concert de samedi soir à Bayt Dakira en particulier, il fallait pousser tous les murs pour que chacun trouve sa place. C’était une soirée Schubert absolument exceptionnelle et mémorable », a-t-il souligné, avant de conclure que dans les différents espaces investis par le Festival, il y avait une sorte de plébiscite de cette formule qui va « nous permettre de donner encore plus de singularité, de force et d’émotions à la musique de chambre invitée en escale à Essaouira ».

Hamza Bennani Smires, du Quartet HBS a dit toute sa fierté de voir son groupe musical être choisi pour clore cette édition si exceptionnelle, notant que le concert donné à la clôture puise sa matière dans le répertoire célèbre d’Eric Satie, mais avec des arrangements originaux.

 »On est vraiment contents d’être choisi en tant que groupe marocain pour clore un festival marocain », s’est-il félicité, émettant le voeu de voir d’autres festivals dans le Royaume donner la chance aux musiciens locaux dont le talent n’est plus à démontrer.

Avec une douzaine de concerts exaltants, un engouement fort remarquable d’un public présent parmi les mélomanes les plus exigeants, et le choix de trois espaces emblématiques de la cité des alizés, le Printemps Musical des Alizés a tenu toutes les promesses, tout en ouvrant la voie à de belles surprises pour une prochaine édition qui sera encore plus attrayante et exceptionnelle.

Auteur: Mohammed KOURSI
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