Marrakech – Le renseignement constitue à l’ère de la mondialisation et du boom technologique, un outil indispensable à même de permettre de mieux analyser, identifier, anticiper et faire face aux menaces sécuritaires globalisées, ont souligné, vendredi à Marrakech, les participants à la 11è édition du Marrakech Security Forum (MSF-2020).
Les participants à une séance de travail axée sur « le renseignement à l’ère de la mondialisation et des menaces globalisées », ont mis en avant l’importance de la question du renseignement dans un écosystème mondial et mondialisé en net changement, rappelant que grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) on est plus devant un champ de renseignement de plus en plus ouvert.
Après s’être attardés sur le concept de renseignement ainsi que sur les différentes étape de son évolution, ils ont mis en avant l’importance du renseignement comme outil d’analyse des données, d’identification de menaces et risques et voie vers l’adoption de solutions qui doivent être à la fois « rapides » et « efficaces » et ce, dans le cadre d’une approche anticipative et préventive.
Tout en soulignant le caractère de plus en plus transnational et transfrontalier des menaces et défis sécuritaires à l’image du crime organisé, de la nébuleuse terroriste, de la cybercriminalité et de la montée de l’extrémisme idéologique et religieux, ils ont mis l’accent sur l’importance de favoriser l’action collective, de promouvoir la coopération bilatérale et multilatérale et d’oeuvrer pour la création d’une communauté de renseignement capable d’agir pour le bien commun et au profit de l’humanité et ce, loin du seul cadre étroit des intérêts nationaux.
« Si le renseignement demeure un domaine confidentiel et souverain pour les Etats, il est appelé plus que jamais à s’internationaliser, notamment face à la montée en puissance des menaces et défis sécuritaires émergents », ont-ils dit, relevant que le renseignement est un domaine multidisciplinaire très « pointu » qui requière des compétences avérées, des connaissances approfondies et une capacité élevée d’analyse et d’appréciation des risques et menaces, pour contribuer avec « efficience » et « célérité » au processus de prise de décisions sur le plan sécuritaire.
Et de poursuivre que si le renseignement est ouvert à tous les domaines politique, économique, stratégique et autres, tout développement et progrès en la matière ne pourrait que contribuer à une nette amélioration de la sécurité collective dont le monde a besoin actuellement.
Les panélistes ont, en outre, mis en avant l’importance pour les Etats d’agir la main dans la main en vue d’asseoir une communauté de renseignement plus « flexible » et « inclusive », notant que l’objectif est de parvenir à fournir des réponses systématiques, à créer des groupes de travail et des équipes multidisciplinaires habilités à agir en synergie et à fusionner les sources d’information pour un renseignement fiable et vérifié.
Après avoir mis en avant le caractère complémentaire du renseignement et de la recherche scientifique, ils ont estimé qu’à l’ère des menaces globalisées, le renseignement doit avoir cette capacité de couvrir des territoires géographiques larges, de suivre des objectifs mobiles et d’apporter des solutions efficaces à nombre de phénomènes caractérisés par leur imprévisibilité et leur vocation évolutive.
A leurs yeux, le renseignement constitue, plus que jamais, un axe prioritaire pour mettre au point une réponse collective et pertinente.
Et de poursuivre que les Etats africains sont appelés à se doter de moyens technologiques et humains capables de faire face aux nouvelles menaces et à bâtir un dispositif de renseignement autonome.
« Ces Etats devraient également donner la priorité à une action concertée entre eux, condition nécessaire pour lutter contre les phénomènes d’insécurité », ont-ils conclu.
Initié sous le thème « l’Afrique à l’épreuve des terrorismes et des menaces globalisées » par le Centre Marocain des Etudes Stratégiques (CMES), en partenariat avec la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques (FAES), ce forum de deux jours rassemble 150 participants de haut-niveau issus d’une quarantaine de pays dont, des responsables civils et militaires, des dirigeants d’organisations internationales, des sécuritaires et des experts Africains, Américains, Européens et Asiatiques.
Cette conférence internationale se veut un espace de débats et d’échange autour de questions d’actualité en rapport avec la thématique, tout en se fixant pour mission d’analyser, de débattre et d’échanger des expériences dans ce domaine.
Les débats lors de ce forum porteront sur plusieurs thématiques notamment, « la perspective stratégique africaine à l’aune des équilibres fragiles (contexte sécuritaire incertain et imprévisible) », « le Sud, théâtre des guerres de quatrième génération (ou guerre hybride) », » le renseignement à l’ère de la mondialisation et des menaces globalisées », et « la cyber-guerre ; nouvelles menaces et nouvelles géopolitiques ».
Les participants à ce Conclave auront également à examiner d’autres questions en rapport avec « le model Marocain de diplomatie de défense et de sécurité », « le Sahel face au péril du Jihadisme », « la dimension genre : un élément de prévention et de lutte contre les communautarismes, facteurs de la radicalisation violente » et « communautarismes, radicalisation et terrorisme d’extrême droite en occident ».
Auteur: Meriem IGASS
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