Plusieurs travailleurs de Sonatrach ont observé, hier, des arrêts de travail et manifesté sur les sites de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel, les deux plus grandes plateformes de l’industrie pétrolière et gazière du pays, en scandant des slogans tels que “Pas de prolongement du 4e mandat” et “Chère patrie, chère patrie”.
Les ouvriers de la Société algérienne de réalisation de projets industriels (Sarpi) ont aussi organisé une marche en arborant des pancartes hostiles au pouvoir. La semaine dernière, les travailleurs de Sonatrach à Béjaïa, qui assurent la gestion du terminal pétrolier, avaient également déclenché un mouvement de grève, ralliant ainsi la protestation pour dénoncer le 5e mandat et exiger le départ du système.
Au cours de la même semaine, des actions de protestation et des arrêts de travail se sont produits sur les sites de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel. Par ailleurs, et peu après qu’Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu’il prolongeait son 4e mandat, le 11 mars dernier, le personnel administratif du groupe pétrolier a commencé à entonner les slogans de la rue, en tenant un sit-in devant le siège de la direction générale à Alger.
Lundi, 12 mars, le P-DG de la compagnie nationale des hydrocarbures, Ould Kaddour, a réagi à la contestation qui a fleuri sur les sites pétroliers, en estimant que cela “n’a pas eu d’impact sur la production d’hydrocarbures”. Mourad Preure, expert pétrolier international, a, il y a quelques jours, mis en garde contre les conséquences de l’extension de la grève au secteur de l’énergie.
Cela a suscité la réaction d’un autre expert, Ali Aïssaoui. Ce dernier a souligné que “le point de vue de notre collègue et ami, Mourad Preure, reflète des convictions professionnelles technocratiques et ignore largement le contexte et la dimension sociopolitiques contestataires actuels”.
Ali Aïssaoui a relevé qu’“on peut alimenter ce débat à partir d’expériences tangibles, comme celles qui, pour des motivations diverses, ont été vécues au Nigeria, en Irak, au Kazakhstan, en Alberta et en Mer du Nord”. “Dans ces pays, a-t-il dit, des actions de dernier ressort ont bien été envisagées ou menées dans le secteur des hydrocarbures, sous forme de grèves partielles, grèves tournantes, grèves circonscrites, ou grèves du zèle, avec des impacts concrets, mais aussi symboliques.” Et de résumer : “Quoi qu’il en soit, et quels que soient leur mission et leur rôle, l’Histoire jugera les institutions qui resteront en marge du mouvement social d’envergure actuel.”
Youcef Salami
Plusieurs travailleurs de Sonatrach ont observé, hier, des arrêts de travail et manifesté sur les sites de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel, les deux plus grandes plateformes de l’industrie pétrolière et gazière du pays, en scandant des slogans tels que “Pas de prolongement du 4e mandat” et “Chère patrie, chère patrie”.
Les ouvriers de la Société algérienne de réalisation de projets industriels (Sarpi) ont aussi organisé une marche en arborant des pancartes hostiles au pouvoir. La semaine dernière, les travailleurs de Sonatrach à Béjaïa, qui assurent la gestion du terminal pétrolier, avaient également déclenché un mouvement de grève, ralliant ainsi la protestation pour dénoncer le 5e mandat et exiger le départ du système.
Au cours de la même semaine, des actions de protestation et des arrêts de travail se sont produits sur les sites de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel. Par ailleurs, et peu après qu’Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu’il prolongeait son 4e mandat, le 11 mars dernier, le personnel administratif du groupe pétrolier a commencé à entonner les slogans de la rue, en tenant un sit-in devant le siège de la direction générale à Alger.
Lundi, 12 mars, le P-DG de la compagnie nationale des hydrocarbures, Ould Kaddour, a réagi à la contestation qui a fleuri sur les sites pétroliers, en estimant que cela “n’a pas eu d’impact sur la production d’hydrocarbures”. Mourad Preure, expert pétrolier international, a, il y a quelques jours, mis en garde contre les conséquences de l’extension de la grève au secteur de l’énergie.
Cela a suscité la réaction d’un autre expert, Ali Aïssaoui. Ce dernier a souligné que “le point de vue de notre collègue et ami, Mourad Preure, reflète des convictions professionnelles technocratiques et ignore largement le contexte et la dimension sociopolitiques contestataires actuels”.
Ali Aïssaoui a relevé qu’“on peut alimenter ce débat à partir d’expériences tangibles, comme celles qui, pour des motivations diverses, ont été vécues au Nigeria, en Irak, au Kazakhstan, en Alberta et en Mer du Nord”. “Dans ces pays, a-t-il dit, des actions de dernier ressort ont bien été envisagées ou menées dans le secteur des hydrocarbures, sous forme de grèves partielles, grèves tournantes, grèves circonscrites, ou grèves du zèle, avec des impacts concrets, mais aussi symboliques.” Et de résumer : “Quoi qu’il en soit, et quels que soient leur mission et leur rôle, l’Histoire jugera les institutions qui resteront en marge du mouvement social d’envergure actuel.”
Youcef Salami
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