Les associations des éleveurs des oiseaux d’ornement se mobilisent pour les sauver

Victime de son succès, le chardonneret élégant, ce passereau qui a inspiré tant de poètes en Algérie, est presque imperceptible dans son milieu naturel. Ni son statut d’espèce protégée, encore moins les efforts des autorités concernées n’ont pu le réhabiliter.

Depuis 2008, l’Association des éleveurs d’oiseaux d’ornement œuvre pour introduire une nouvelle culture dans ce sens. Il s’agit d’introduire dans la société algérienne la culture d’élevage d’oiseaux dans les cages. Objectif ? En plus d’être une passion, l’élevage des oiseaux vise essentiellement à canaliser le flux d’éleveurs, à leur inculquer les méthodes et les normes d’élevage, mais surtout à faire la distinction entre les oiseaux nés dans des cages destinées à l’ornement et ceux nés dans la nature.

Ces derniers «doivent impérativement continuer à vivre dans leur milieu naturel», insiste Toufik Djebloun, fondateur de l’Association des oiseaux algériens (AOA). Cette association a réussi à introduire la première bague algérienne afin de reconnaître la provenance des oiseaux. Elle a même organisé deux concours nationaux permettant aux éleveurs de s’évaluer. A propos de ces concours, M. Djebloun regrette le fait que les membres du jury de ces concours soient tous des étrangers.

«Nous n’avons pas de jury en Algérie en ce qui concerne ce domaine d’élevage des oiseaux», constate-t-il, en émettant le vœu qu’à l’avenir, l’Algérie disposera de ses propres jurys. Faut-il rappeler que la durée de formation du jury national est de 3 ans, tandis qu’un jury international se forme pendant 5 ans. Par l’organisation de ces concours, l’Association des éleveurs d’oiseaux vise à introduire des normes phénotypes. «Ces normes sont très loin de ce qui existe chez les oiseaux se trouvant dans la nature.

Cela est fait spécialement afin d’inciter les gens à  éviter de capturer des oiseaux nés dans la nature». L’association, qui compte actuellement 1400 adhérents au niveau national, tend à s’élargir, et ce, en créant des petites associations dans chaque wilaya. «Cela permet aux acteurs sur le terrain de mieux agir pour protéger ces espèces», estime le président de l’AOA. Ce dernier n’écarte pas l’idée de la création d’une fédération, une fois le premier objectif atteint, à savoir la création d’associations au niveau local.

Mais jusque-là, cette association de protection des oiseaux a-t-elle réalisé ses objectifs ? M. Djebloun affirme fièrement que grâce à cette association, l’idée qui présente les oiseaux à bague comme étant des oiseaux stériles a disparu de la société. «Jusqu’aux années 2005, 2006, les Algériens n’achetaient pas des oiseaux à bague sous prétexte que ces derniers sont stériles. Actuellement, on n’est plus dans ce cas de figure», assure-t-il.

D’où proviennent ces oiseaux d’élevage ? «Pour la plupart ce sont des oiseaux importés, les oiseaux élevés en Algérie sont pratiquement des passereaux», répond M. Djebloun. Qu’en est-il du chardonneret, cette espèce en voie de disparition ? «Ce sont des oiseaux qui ont traversé la frontière. Actuellement, les chardonnerets élevés en Algérie proviennent du Maroc. Cette espèce est complètement décimée en Algérie», déplore cet éleveur.

Et de poursuivre : «On essaie d’encourager les éleveurs à reproduire cette espèce à travers des concours de beauté et des primes pour ceux qui réussissent à reproduire cette espèce.» Au sujet de la disparition des chardonnerets de la nature, le président de l’AOA avance deux raisons : les pesticides, dans la mesure où cette espèce est insectivore, et la décennie noire, où on a incendié toutes les forêts.

A cet effet, les foyers de ces oiseaux ont été complètement détruits. «On ne peut pas faire disparaître les oiseaux par la chasse», estime-t-il. L’AOA compte organiser un concours national du chardonneret les 14 et 15 novembre prochain. Ainsi, la participation est ouverte à toutes les associations agréées.

  • Fiche descriptive du chardonneret élégant  

Selon la Commission internationale des noms français des oiseaux (CINFO), le chardonneret d’Europe (carduelis carduelis) est également appelé «chardonneret élégant».

le chardonneret est une espèce d’oiseau appartenant à l’ordre des passériformes, ou passereaux, et à la famille des fringillidés. Il est partiellement migrateur et très coloré. Il tire son nom du chardon qu’il fréquente (thaghediouth).

Le nom scientifique de cette espèce a trois synonymes, à savoir fringilla carduelis Linné, 1758, acanthis carduelis (Linnaeus, 1758) et carduelis elegans Stephens, 1826. La diversité spécifique du chardonneret élégant compte 14 sous-espèces, dont carduelis carduelis Parva Tschusi 1901, qui vit en Espagne et Afrique du Nord.

Le chardonneret est exclusivement granivore. Il recherche avant tout les graines de chardon et de bien d’autres espèces de graminées ou arbres, comme l’aulne et le bouleau, car grâce à son bec effilé, il peut très bien les enlever sans se piquer et parvient à les décortiquer très habilement.

  •  Reproduction du chardonneret élégant

Lors de la parade nuptiale, le chardonneret élégant étant très agressif, les disputes entre mâles ou entre un mâle et une femelle ne sont pas rares, et l’on entend leurs cris gutturaux très typiques.

En mars, le mâle, déjà en couple, s’approche du perchoir de la femelle en prenant une posture assez curieuse : il bombe le dos et se tourne de gauche à droite, en étirant soit une aile, soit la queue. Cette parade se termine par un apport de nourriture du mâle à la femelle qui, pendant ce temps, ouvre ses ailes en tremblotant, tel un juvénile se faisant nourrir.

Au printemps, la saison de nidification commence et le chardonneret se fait très discret. Le nid est construit habilement et est bien camouflé par la femelle pour le mettre à l’abri des prédateurs.  Le chardonneret niche dans les arbres forestiers, souvent dans les fourches ou en bout de branches et parfois dans les arbres fruitiers comme les pruniers,  pommiers,  les cyprès ou les cerisiers, parfois sur le frêne même. Dans les jardins ou les parcs, la femelle choisira plutôt les érables ou les peupliers.

La femelle recouvre les parois extérieures du nid avec des brindilles, de fines herbes et de la soie d’araignée. L’intérieur est garni de duvets végétaux : plumes, lichens, etc. Une fois le nid fini, la femelle pond de quatre à six œufs blanchâtres tirant vers le bleu, avec des taches brunes, d’une longueur de 15−20 × 12−14 mm, qu’elle couve seule pendant 12 à 14 jours, tandis que le mâle la ravitaille au nid pendant ce temps.

A l’éclosion des œufs, Les deux parents nourrissent les jeunes essentiellement de graines humectées régurgitées du jabot. Au bout de 13 à 16 jours, les jeunes quittent le nid, et les parents les nourrissent encore pendant une semaine.

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Auteur: Anis Khecheba
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