Alors que l’on croyait que l’ancien Président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo, allait prendre une retraite politique, il affiche une posture contraire. Son engagement aux côtés de son ex-homologue sénégalais, Macky Sall, dans sa course au poste de SG de l’Organisation des Nations unies (ONU) avait déjà donné des signaux. Son intention de revenir au pouvoir a confirmé ses ambitions au grand jour. En fin septembre, l’ancien dirigeant bissau-guinéen a annoncé depuis son exil marocain sa volonté de retourner au bercail et de se présenter à la présidentielle du 6 décembre prochain.
Alors qu’il venait de solliciter un second mandat de cinq ans et était dans l’attente des résultats pour rempiler, Embalo a été victime d’un coup de force à polémique, en novembre 2025. Son départ forcé du pouvoir allait faire moins de spéculations, s’il n’avait pas lui-même porté l’information au monde entier. Ce triste sort n’a pourtant pas servi de leçon à l’ex-chef de l’Etat bissau-guinéen qui a échoué à regagner son pays le 4 octobre dernier, comme indiqué et dans l’espoir de participer à la future présidentielle. Les autorités de la Transition, avec à leur tête, le général Horta Ntam, n’ont pas validé ce retour, au motif que les conditions de sécurité pour accueillir Embalo n’étaient pas réunies.
A voir de près, ce « come-back » raté sonne comme une attitude de prudence, voire une prise de distance de la Transition envers Embalo. Plusieurs militaires proches de lui ont été d’ailleurs désarmés, ces jours-ci, sans doute pour écarter des velléités de coup de force. Permettre à l’exilé du Royaume chérifien de revenir en terre bissau-guinéenne, dans le contexte de préparation des élections censées consacrées le retour à un ordre constitutionnel normal pourrait entrainer des troubles. Résolument engagée à sortir
des moments d’incertitudes, la Guinée-Bissau, pays d’Afrique de l’Ouest coutumier de l’instabilité sociopolitique, ne peut pas se payer le luxe de retomber de sitôt dans ses travers. A quel jeu joue Embalo ? Au lieu de tirer un trait sur le passé et de planifier un autre avenir, il s’échine à vouloir reprendre les rênes du pays. Ce projet n’est pas une bonne idée, puisqu’il intervient à un moment critique de l’histoire sociopolitique de sa chère patrie. Même s’il appelle ses partisans à ne
pas poser d’actes de nature à compromettre la paix en Guinée-Bissau, le rêve de revenir au-devant de la scène peut nuire à la cohésion sociale. Il devrait plutôt faire profil bas et espérer le meilleur pour sa nation. Au-delà de la candidature de l’ex-chef de l’Etat bissau-guinéen, qui est en train d’endosser le rôle de trublion, la question des présidentiables se pose. Si le président de la Transition est exclu du jeu par la Charte de la Transition, on s’interroge sur les potentiels candidats à la présidentielle en vue. Les figures de proue de l’opposition sont en mauvaise posture, pour prétendre briguer la magistrature suprême, même si les textes ne les en empêchent pas. Le leader du Parti africain pour l’indépendance de la
Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Domingo Simoès Pereira, est en résidence surveillée. Le challenger d’Embalo, Fernando Dias, vainqueur de la présidentielle de 2025, selon certaines informations, lui, a obtenu l’asile politique auprès du Nigéria. Dans ces conditions, peut-on dire que la présidentielle du 6 décembre prochain sera véritablement libre, crédible et transparente ? La suite des évènements nous éclairera…
Kader Patrick KARANTAO
Auteur: JK. Sidwaya
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