Par Ouajdi Souilem, Professeur Hospitalo-Universitaire à l’École Nationale de Médecine Vétérinaire – C’est une marque forte d’excellence. L’Organisation mondiale de la santé animale a officiellement désigné l’École Nationale de Médecine Vétérinaire de Sidi Thabet (ENMV) en qualité de centre collaborateur pour le bien-être
animal. Cette décision est intervenue lors de 93ème session de l’organisation récemment tenue. Elle confère à la Tunisie une position stratégique au sein du réseau mondial d’expertise dans ce domaine et ouvre de nouvelles perspectives en matière de coopération scientifique et technique, de renforcement des capacités et de développement de projets à l’échelle régionale et internationale. Elle s’inscrit dans la continuité du projet de jumelage entre l’ENMV de Sidi Thabet-Tunisie et l’IZS Teramo-Italie qui s’est étalé sur 4 ans, dont elle constitue l’aboutissement naturel. Ce projet de jumelage a permis de renforcer durablement les capacités des équipes de l’École Nationale de médecine Vétérinaire et de la Direction Générale des Services Vétérinaire, tout en consolidant son rayonnement et sa visibilité à l’échelle internationale.
Il s’agit de l’aboutissement d’un processus long et exigeant, débutant par une validation au niveau national, suivi de la préparation et de la soumission d’un dossier scientifique solide à l’Organisation Mondiale de la Santé Animale. Celui-ci est ensuite évalué à plusieurs niveaux – technique, régional et institutionnel – avant d’être validé par le Conseil et définitivement adopté par l’Assemblée mondiale des Délégués lors de la 93-ème session générale à Paris.
La qualité du dossier présenté repose également sur l’expertise reconnue des membres de l’équipe qui ont préparé et porté cette candidature. Leurs compétences scientifiques et techniques, leur expérience dans le domaine du bien-être animal, ainsi que leur engagement en faveur du rayonnement de l’institution ont constitué des atouts majeurs dans l’évaluation du dossier par les instances compétentes de l’Organisation mondiale de la santé animale. Cette expertise constituera également un levier déterminant pour accompagner le développement du Centre et assurer la pleine réussite de ses missions au service de la Tunisie, de la région et des Membres de l’OMSA.
Elle reflète ainsi un haut niveau d’exigence scientifique et institutionnelle.
Cette distinction vient reconnaitre la qualité scientifique et technique de l’École Nationale de Médecine Vétérinaire, ainsi que l’engagement constant de ses enseignants-chercheurs et de ses étudiants en faveur de la promotion du bien-être animal depuis le début des années 2000.

Au-delà de cette reconnaissance, le bien-être animal s’inscrit pleinement dans une perspective de développement durable. Garantir une utilisation responsable des animaux contribue à améliorer l’acceptation sociétale, à renforcer la sécurité alimentaire et à générer des retombées économiques positives, participant ainsi à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration du bien-être humain. Par ailleurs, il joue un rôle essentiel en santé publique, tant à travers la qualité des produits d’origine animale que par les bénéfices reconnus des animaux de compagnie sur la santé et le bien-être des populations.
Ainsi, la désignation du premier Centre collaborateur dédié au bien-être animal en Afrique marque une étape majeure pour la Tunisie et pour la région, en consolidant une approche intégrée où le bien-être animal constitue un levier stratégique au service de la santé globale, du développement durable et du bien-être des populations humaines.
Les animaux occupent en effet une place centrale dans nos sociétés, contribuant à la fois à notre alimentation, à notre économie, à notre bien-être social et à l’équilibre des écosystèmes. Dans ce contexte, la qualité de vie des animaux constitue aujourd’hui une préoccupation majeure à l’échelle mondiale, portée notamment par une demande croissante des consommateurs pour des systèmes de production respectueux du bien-être animal. Il convient également de souligner l’importance croissante accordée, dans notre pays, à la protection et à la prise en charge des animaux de compagnie, en particulier les chiens et chats abandonnés. Cette préoccupation s’accompagne d’une sensibilisation accrue des citoyens, qui expriment de plus en plus clairement leur attachement au respect de ces animaux et leur rejet des pratiques de maltraitance et de la nécessité de préserver la santé humaine.
Ouajdi Souilem
Professeur Hospitalo-Universitaire à l’École Nationale de Médecine Vétérinaire,
Institution de la Recherche et de l’Enseignement supérieur Agricole, Université de la Manouba.
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