A travers deux circulaires signées le 15 novembre 2019, le président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), Paul Biya a fixé les modalités et les procédures de présélection et d’investiture des candidats du parti à l’élection des députés et des conseillers municipaux, le 9 février 2020 au Cameroun. L’on apprend ainsi qu’en relation avec la base des militants, les opérations y relatives seront conduites par le Comité central du RDPC, « dans un esprit d’ouverture, de maturité politique et de recherche de consensus ».
Pour ce qui est des législatives, une commission centrale d’investiture est créée au siège du parti, sis au Palais des Congrès de Yaoundé, avec à sa tête Jean Nkuete, secrétaire général du RDPC. Cette instance va chapeauter les commissions régionales de contrôle et de supervision et les commissions départementales de présélection. Un organigramme qui change quelque peu dans le cas des municipales puisqu’il faut ajouter la commission communale de présélection.
Attendues durant plusieurs jours après la convocation du corps électoral par le président de la République, ces circulaires du président du RDPC montrent premièrement la rupture que la hiérarchie du parti entend engager dans le sens du renouvellement de son élite politique. Paul Biya demande en effet « d’encourager l’émergence de nouvelles figures, notamment dans le cas des candidats bénéficiant de la retraite parlementaire ».
En clair, les élus du peuple sous la casquette du RDPC, qui sont aux affaires depuis des décennies, devraient penser à libérer le plancher. Cette disposition de la circulaire de Paul Biya rappelle en effet que nombreux sont les députés qui ont, non seulement un âge très avancé, mais également sont à l’hémicycle de Ngoa-Ekelle depuis trop longtemps déjà. Exemple type : Cavayé Yeguié Djibril, président de l’Assemblée nationale depuis 1992 (soit 27 ans) et député de la Nation depuis les années 1970.
Autre fait marquant dans ces circulaires, c’est le souci de clarification. Contrairement au passé, Paul Biya a décidé de donner des directives distinctes pour chacune des élections. Il n’y a plus de confusion à faire entre les opérations pour les investitures aux postes de députés et celles pour les candidatures aux postes de conseillers municipaux. Encore que les deux processus sont gérés par des instances bien différentes. « A chacun son couloir et pas de mélange de genre », analyse Christophe Mien Zok, directeur des organes de presse, de l’information et de la propagande du Comité central du RDPC.
La composition des commissions présente aussi un intérêt majeur. En les élargissant, le président du RDPC a voulu associer le maximum des ressources et de compétences du parti. Il est donc question d’accentuer la collégialité dans la désignation des candidats du parti au pouvoir. A l’analyse, cela devrait permettre à la base de mieux s’exprimer, sans peur des représailles de certains responsables des structures permanentes du parti. On pense également que cela devrait garantir plus d’objectivité et de rigueur dans la désignation des candidats.
Auteur: EcoMatin
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