L’émergence industrielle: du « Made in Morocco » à la souveraineté productiveL’émergence industrielle: du « Made in Morocco » à la souveraineté productive

Guidée par la vision Royale, la stratégie d’accélération industrielle, qui s’articule autour de secteurs locomotifs comme l’automobile, l’aéronautique et les industries du futur, ambitionne de monter en gamme dans les chaînes de valeur mondiales, pour propulser le « Made in Morocco » vers une véritable souveraineté productive.

Les transformations économiques engagées, depuis l’accession au trône de SM le Roi Mohammed VI, témoignent d’une vision ambitieuse pour le développement du pays. Sous son règne, le Maroc a initié une politique de développement économique axée sur une volonté de promouvoir le secteur industriel avec la mise en place de plans successifs. Ces plans industriels représentent autant d’initiatives structurantes ayant servi à engager le Maroc dans un processus d’accélération de son industrialisation en vue de favoriser une meilleure insertion dans les chaînes de valeurs mondiales et d’assurer sa souveraineté productive.

Lancé en décembre 2005, le Plan Émergence reste la stratégie fondatrice qui a assuré la mise à niveau du secteur industriel, sa modernisation et la consolidation de sa compétitivité. Le plan s’est appuyé sur deux axes majeurs : le 1er est le renforcement des avantages compétitifs en positionnant le Maroc sur des niches à plus forte valeur ajoutée et faire face à l’ouverture des marchés suite aux différents accords de libre-échange. Le 2nd est le développement des Métiers Mondiaux du Maroc (MMM), notamment l’Offshoring, l’Aéronautique et l’Automobile. 

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Pour pérenniser la dynamique impulsée, le plan a été prolongé en février 2009 par le Pacte National pour l’Émergence Industrielle 2009-2015, signé le 13 février 2009 à Fès entre l’État et le secteur privé, sous la présidence du Souverain. Ce Pacte est un contrat-programme stratégique visant à accélérer le développement économique et industriel du pays en ciblant six secteurs prioritaires, qui constituent les MMM. Il s’agit des activités pour lesquelles le Maroc présente des avantages compétitifs : l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, l’agroalimentaire et le textile-cuir.

Par la suite, les perturbations mondiales et les fermetures des frontières provoquées par la crise du Covid-19 en 2020 ont mis en lumière la vulnérabilité du pays face à une forte dépendance extérieure pour les biens de première nécessité. Cela a poussé le Maroc à adopter, le 25 septembre 2020, une stratégie de substitution aux importations pour garantir sa souveraineté économique et sanitaire. Cette initiative vise à réduire le déficit commercial en produisant localement certains biens auparavant importés. Déployée par le Ministère de l’Industrie, cette politique s’articule principalement autour de la “Banque de Projets”. Cette initiative gouvernementale propose aux entrepreneurs, via une plateforme numérique, des fiches techniques de projets « clés en main ».

Ces dispositifs fournissent des idées d’entreprises, des études de marché, des indicateurs financiers, et guident les porteurs de projets vers des financements et aides d’État. Cette “Banque de projets », pilotée par le ministère de l’Industrie a identifié plus de 1.400 opportunités d’investissement, pour substituer certains produits importés par une production locale. Le Fonds Mohammed VI d’Investissement joue un rôle central comme levier financier pour soutenir, financer et co-investir dans ces projets industriels de substitution.

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Vient ensuite le Plan d’Accélération Industrielle 2021-2025, qui vise à consolider les acquis, stimuler l’intégration locale, encourager l’innovation et promouvoir la souveraineté économique du Royaume, et ce, à travers des écosystèmes performants. Parmi les objectifs fondamentaux de cette stratégie, il y a le déploiement des écosystèmes industriels dans l’ensemble des régions, et ce, afin de garantir un développement socio-économique équitable et intégrer les PME locales dans les chaînes de valeur.

Parallèlement, le Maroc a entrepris des mesures audacieuses pour moderniser son cadre légal dédié à l’investissement, en s’alignant sur les principes de son « Nouveau Modèle de Développement ». Ainsi, une nouvelle « Charte de l’investissement » a vu le jour en 2023 (Loi-cadre n°03-22) qui propose un cadre incitatif attrayant pour guider les investissements vers les priorités stratégiques. Elle structure ses aides à travers quatre dispositifs principaux : le dispositif principal pour les projets ≥ 50 M DH, le dispositif destiné aux TPME, le dispositif stratégique pour les projets exceptionnels dépassant 2 MMDH et un dispositif dédié aux projets marocains à l’international. Ces mécanismes permettent de cumuler des primes pouvant atteindre 30% du montant de l’investissement. 

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Et en marge de la 3ème journée nationale de l’industrie, début novembre 2025, le Ministère de l’Industrie a lancé le nouveau label « Made in Morocco ». Il s’agit d’une démarche nationale de certification officielle pilotée par le Ministère de l’Industrie et IMANOR (Institut Marocain de Normalisation). Ce nouveau label garantit l’origine marocaine des produits, une fabrication maîtrisée, une traçabilité totale et la conformité aux normes de qualité et de sécurité. Il impose aux entreprises un taux d’intégration locale d’au moins 40% et une stricte conformité aux normes internationales. 

Ce passage de l’assemblage à la souveraineté industrielle s’appuie sur des écosystèmes intégrés, générateurs d’emplois et d’innovations. Les retombées concrètes sont visibles dans des filières clés, tel le secteur Automobile et Aéronautique où le Maroc ne fait plus que sous-traiter ; il conçoit et fabrique des composants complexes pour des géants mondiaux. Au niveau des Phosphates et Engrais, via le groupe OCP, le pays valorise ses ressources pour garantir la souveraineté alimentaire mondiale et nationale et au niveau du Textile et Parapharmacie, le label « Made in Morocco » certifie des marques respectant des standards de qualité rigoureux. Ainsi, le label marque une nouvelle étape dans la structuration industrielle du Royaume vers une véritable souveraineté productive.

Auteur: A. Maïssour
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