Tandis que des mesures fermes avaient été prises au début de la crise

Bien que le nombre des contaminations quotidiennes au coronavirus ait à nouveau dépassé les 400 cas, les autorités algériennes restent silencieuses.
Devant l’emballement de l’épidémie du coronavirus constaté ces derniers jours, les spécialistes craignent une perte de contrôle.
Bien que le nombre des contaminations quotidiennes au coronavirus ait à nouveau dépassé les 400 cas, les autorités algériennes restent silencieuses, tranchant ainsi avec l’attitude ferme et précautionneuse du début de l’épidémie.
Hier, alors qu’il donnait le coup d’envoi de l’année scolaire 2020/2021 pour les cycles moyen et secondaire, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a affirmé que le gouvernement prendra des mesures «sévères» en cas de hausse du nombre de contaminations.
Il a également souligné l’importance de l’accompagnement de «l’armée blanche» (le personnel médical) qui fait face à ce virus, en tentant «d’alléger la pression» sur elle, imputant l’augmentation des cas positifs en Algérie au non-respect des gestes barrières.
La seule mesure prise récemment aura été l’extension, jeudi dernier, du couvre-feu à neuf autres wilayas, dont le nombre de cas, selon le rapport épidémiologique, a augmenté.
C’est que les chiffres repartent à la hausse au moment où la vie reprend son cours, avec la rentrée graduelle des classes et la prochaine ouverture, ce vendredi, des mosquées.
Force est de reconnaître, par ailleurs, qu’un relâchement a également été constaté parmi la population, négligeant les mesures sanitaires.
Le conseil scientifique chargé de conseiller les autorités sur la question de la pandémie recommande le confinement dans certaines wilayas et le report de la rentrée des lycéens et des étudiants, dans un rapport destiné au Premier ministre portant une série de propositions.
La situation épidémiologique y est décrite comme «alarmante», préconisant le retour au confinement de certaines wilayas ayant enregistré des clusters et le durcissement dans l’application stricte du dispositif sanitaire.
Le même rapport plaide, selon une source proche du dossier, pour la verbalisation des contrevenants à l’égard des mesures sanitaires, le maintien de la reprise scolaire des cycles primaires et moyens avec «le port obligatoire du masque» et l’intensification des campagnes de sensibilisation et de communication à l’égard de la population sur l’importance des mesures sanitaires et des gestes barrières.
Le fait est, selon les spécialistes, qu’il y a une augmentation significative du nombre de cas diagnostiqués et non diagnostiqués et la situation est inquiétante, car le nombre de cas déclarés ne reflète pas la réalité du terrain. Nombre de cas, diagnostiqués par scanner (TDM thoracique) ne figurent pas dans les chiffres officiels d’infections journalières, y compris en cas de décès.
Il est à se demander, à l’heure où le président de la République est lui-même hospitalisé en Allemagne pour cause de Covid, si l’Algérie décidera de durcir les mesures sanitaires pour contrer la propagation du virus, sachant qu’un retour au reconfinement sera des plus éprouvants pour l’économie du pays.
Cela a été le choix fait par le gouvernement en mars dernier, plaçant la santé des citoyens au-dessus de toute considération et qui a, selon les observateurs, porté ses fruits.
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Auteur: Anis Khecheba
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