De plus en plus, les  places, boulevards et rues de nos villes se transforment en arènes de débats et forums de discussions parfois houleux, entre les citoyens, branchés plus que jamais,  sur l’actualité politique du pays, et désirant échanger leurs opinions, idées et aspirations sur l’aboutissement du sursaut populaire déclenché il y a un peu  plus d’un mois, pour «exiger le départ du système».
«C’est une manifestation, pas un festival», peut-on lire sur l’une des pancartes brandies par un groupe de manifestants regroupés, hier, au niveau de la Grande Poste. Ils étaient quelques dizaines, de différents profils, de différents âges, hommes et femmes ayant improvisé  des discussions «sur les dernières évolutions des événements».
Ils estiment qu’il est temps «de donner la parole au peuple et entendre  la voix de la rue» et appellent «au respect de la Constitution». Ou encore «Mkul agdud Yehwadj Tilleli » (chaque peuple a besoin de liberté) crie avec énergie cette quinquagénaire, en interrompant une petite discussion entre plusieurs personnes qui ne se connaissent pas,  mais qui se sont rencontrées sur place et entendues sur une réflexion commune, après d’âpres discussions, quant au fait que  ce «mouvement s’est déclenché après le constat fait sur la paralysie du pays»,  lance l’un d’entre eux. « Les manifestants ont montré aux sceptiques que ce peuple est conscient des dangers et menaces qui le guettent», s’exprime un autre. Muni d’un smartphone branché pour relier, «en direct», sur les réseaux sociaux, ce qui se passe au sein de ce rassemblement,  afin de  lui donner «un large écho». «Une Algérie meilleure, une Algérie différente, c’est nous ». Il donne envie d’y croire. Selon les experts et politologues sollicités, l’histoire de la lutte du peuple algérien  démontre  que « la majorité silencieuse»  veut récupérer aujourd’hui son espace public et est consciente que  «le peuple est la source de tout pouvoir» ou encore que  «la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple», comme le stipule l’article 7 de la Constitution. Nous sommes loin de la «colère de la foule», et plus proches de «l’intelligence collective».
Ce qui est remarquable, après quatre vendredis de manifestations pacifiques, c’est, justement, cette «intelligence collective» qui émerge au sein de ce mouvement, pour paraphraser ces politologues et commentateurs qui se sont exprimés, ont analysé et commenté longuement les évènements qui semblent durer dans le temps.
Ce qui est remarquable aussi, toujours selon ces experts, c’est que les fondamentaux ne sont pas touchés ; les Algériens ne semblent pas prêts à payer le lourd tribut de la dispersion des rangs, c’est pourquoi ils restent solidaires quant aux constantes nationales et au respect des institutions. En dénonçant tous les discours alimentant la discorde et le conflit, qui ne sont certainement pas propices à la revendication de l’unité et au «changement radical», les Algériens barrent la route devant les commerçants de la discorde et de la désunion qui, en surfant sur la vague populaire, veulent dévaloriser le mouvement pour mettre en doute la sincérité des manifestants et leur patriotisme.
Un autre fait notable, et ce que les sociologues appellent «la force des liens faibles», ce sont les relations qui naissent sur les réseaux sociaux entre les membres de la communauté des internautes algériens. Des liens qui se matérialisent chaque vendredi donnant la belle image de la cohésion populaire, même si les intox se jouxtent de plus en plus avec les vraies informations au sein de l’espace virtuel, regroupant tout de même plus de vingt millions d’internautes algériens. Ce qui représente presque la moitié de la population.
Avec internet et les réseaux sociaux, naît l’idée de faire de la politique autrement : société civile, indépendants et membres de partis, citoyens ordinaires ; une diversification donc des acteurs émergeant  de la mise en place des «dispositifs» technologiques. « Désormais les réseaux sociaux permettent l’extension et l’élargissement de la participation citoyenne», soulignent les sociologues, conscients de l’apparition de nouveaux  phénomènes d’expression sociétaux. En somme, avec ces nouveaux modes de communication, le plus grand nombre est souvent à l’origine des meilleures décisions, « pour le changement, et pour une Algérie nouvelle». Ce que nous souhaitons tous !
    Tahar Kaidi

Auteur: elmoudjahid
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