Des universitaires ont observé que la situation actuelle ne permet pas d’avoir des réponses immédiates pour gérer la transition et définir les mécanismes pour le changement. Il est toutefois nécessaire de respecter la logique constitutionnelle pour élaborer  des institutions légitimes.

Même si certains déplorent le fait qu’il y a un déficit de débat pour aboutir à des solutions, l’accent est mis sur l’importance de respecter les différents points de vue. En effet, eux qu’on peut qualifier d’anti-organisations ont été clairs et ils ne veulent faire de place à aucun parti ni autre organisation au sein du mouvement de protestations matérialisées par des marches monstres à travers le pays. La rue réclame le changement, la fin du système et l’instauration d’une nouvelle République, mais ces objectifs peuvent-ils vraiment prendre forme en dehors de toute intervention d’une quelconque structure ?
On sait que le peuple a une force admirable lorsqu’il s’agit d’imprimer une nouvelle direction à l’Histoire. Les révolutions, dont la nôtre, ont été bâties sur ce modèle, mais n’ont jamais montré de désaffection sans limites à une hiérarchisation, non érigée pour tracer la voie du changement mais au moins pour diriger le mouvement, sans le dévier de sa trajectoire.
Pour l’instant, les manifestants ne veulent rien entendre de semblable à cette logique. Ils l’ont encore clamé haut et fort vendredi. Certains ont même parlé de ‘‘militants de la 25e heure’’ pour signifier que partis et associations ont rejoint le mouvement avec retard et qu’ils ne veulent pas de récupération.
Pour dépasser cette contrainte, certains partis ont lancé un appel pour la mise sur pied de comités populaires qui regroupent différentes catégories de la société et ainsi formuler les revendications soulevées par les citoyens.
Pourtant, ici et là, on a entendu des propositions pour établir des autorités aptes à conduire les affaires du pays jusqu’à la tenue de nouvelles élections. Parmi ces propositions, on distingue celle relative à l’instauration d’un présidium, sorte de Haut-Comité d’Etat ou encore la convocation d’une Constituante. Or ces structures doivent être forcément composées de compétences humaines. Il ne serait donc pas tout à fait possible de qualifier tout prétendant à de telles fonctions d’opportuniste. Bien au contraire, le moment est venu de faire émerger de nouvelles élites, mais serait-il opportun de réclamer une rupture totale avec le système finissant ?
Pour les manifestants, sortis dans la rue par millions, la réponse est effectivement « oui », car toute la classe politique et la technocratie sont rejetées.

Soupçons de corruption

Encore faut-il s’assurer que tous ceux qui ont eu à gérer pendant une période quelconque de l’histoire de l’Algérie soient tous des corrompus. Ceux qui ne le sont pas, en tout cas, sont aussi en droit de participer à l’édification d’une Algérie nouvelle.
Même si les exigences du moment imposant un mouvement populaire sans structuration ont relégué au second plan la réflexion sur « la gestion de l’avenir », il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas tout à fait inutile de se projeter dans la perspective des mois, voire des années à venir. Une échéance électorale est inévitable, et ce sera à ce moment-là que les électeurs pourront exprimer leur opinion pour choisir l’élite qui aura entre les mains le destin du pays.
A. M.
 

Auteur: elmoudjahid
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