A peine le gouvernement eut-il été tancé  par le maudit projet de loi 22/20, relatif à ce que l’on avait appelé désormais «loi-bavette» liberticide, qu’il «pondit» un autre projet loi 4/20, inhérent à la nouvelle carte d’identité nationale digitale marquée d’exclusivisme à l’égard de l’alphabet et la langue Amazigh.

En fait, le timing sur lequel l’exécutif a jeté son dévolu, coïncidant avec la crise pandémique, serait bel et bien, entaché de «suspicion» louche, aussi bien pour le premier projet que le second. Mais, cette fois-ci, le clou de la honte est enfoncé doublement, puisqu’il enfreint l’esprit de la Constitution, dans son passage consacré à l’officialisation de l’Amazighité, en tant que langue nationale au même titre que l’Arabe et la loi organique s’y référant.

De même, en dépit de quelques articles dont l’intérêt est porté sur l’aspect sécuritaire de la carte, le projet se met en violation abusive de la liberté personnelle de son détenteur.

Avec ses sorties manquées de l’exécutif qui renvoient aux ères révolues, on est plutôt tenté de se demander jusqu’où vont ces avanies au sein d’une nation, prétendant se ranger sur la lignée de la démocratie juste et authentique.

On s’interrogera aussi sur ce que pourrait récolter le gouvernement par cette bourde, alors que la loi suprême se dresse en garde-fou à l’encontre de tout dérapage d’où il pourrait provenir. L’acquis Amazigh, dans une nation riche en diversité linguistique et expressive, n’a jamais été un luxe national qu’on pourrait soumettre aux excès de zèle quand bon peut sembler, à se faire renoncer les principes.

Le processus  de la reconnaissance de la langue Amazigh fut long et rude pour aboutir, en 2011, au terme de l’adoption de la Constitution et se prolonger encore jusqu’en 2019 afin de se faire valoir dans les détails, au niveau des prescriptions appliquées.

On n’a plus donc le droit de transgresser les règles d’une assise fondamentale à laquelle toutes les composantes de la nation se sont identifiées. Certes, on pourra toujours  être contrarié par les contraintes techniques, au moment de la mise pratique de tel ou tel entendement collectif.

Toutefois, nul n’est censé se permettre d’ignorer la «sacralité» d’une loi constitutionnelle, pour des calculs inopportuns. Ce vilain pavé que l’exécutif  vient de jeter dans la marre ne ferait, en effet, qu’attiser la discorde, au moment où toute l’attention devrait se focaliser sur les mesures à prendre pour faire face à la crise économique de l’après-épidémie.

Il y a lieu de rappeler l’union nationale que le peuple marocain s’est attribuée, tout au long de ce fléau viral duquel on se débarrasse dans la progressivité. Il serait vraiment inapproprié de vouloir passer en pleine préoccupation sanitaire, des lois qui relèvent de l’identité nationale et de vertus incessibles des droits de l’homme et des libertés individuelles et collectives du peuple marocain.

Encore une fois, comme pour le projet de «loi-bavette», le présent projet qu’on peut aussi baptiser «loi-barrière», contre lequel  on avait illico déjà brandi la carte du retrait, pareil à son prédécesseur, enflammera la coupole de l’hémicycle, à travers le niet ferme des partisans des droits humains et et de la «diversité dans l’unité», le slogan habituel arboré, depuis des lustres.

Dans ce tumulte qui flambera aussi sur les diverses tribunes politique et intellectuelle, on aura, sans doute, à des voix partisanes qui se font entendre dans le tas pour prendre aussi la défense de ces principes. A ceux-là qui ont l’habitude de «se patauger» dans les eaux troubles, on peut leur rétorquer: «Le projet de loi est validé par l’exécutif qui regroupe des formations de la majorité.

Celles-ci auraient-elles le culot de venir se démentir comme elles l’ont déjà au précédent projet, alors qu’elles l’avaient adopté?». Un autre sarcasme qui ne marche plus et qui n’a plus raison d’être, puisqu’on n’est plus dupe!

Auteur: M’hammed rahal
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