Les bénéfices des compagnies aériennes divisés par deux en 2026Les bénéfices des compagnies aériennes divisés par deux en 2026

Les compagnies aériennes verraient leurs bénéfices divisés par deux en 2026, à cause de la flambée du kérosène, d’après les prévisions de l’Association du transport aérien international (IATA), qui pronostique pourtant une croissance du trafic comparativement à l’exercice précédent.

Les compagnies membres, qui assurent 85% du trafic mondial, transporteront 5,1 milliards de passagers, soit une hausse de 2,4% par rapport à 2025, estime l’IATA dans un communiqué publié, dimanche 7 juin, en marge de son Congrès à Rio de Janeiro.

Interrogé par la presse sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient par rapport à celle de la pandémie de Covid en 2020-2021, le directeur général de l’organisation Willie Walsh a répondu: « Je ne vois pas ça comme une crise », du fait que le secteur table sur une croissance. « Si on retire l’incidence du Moyen-Orient, nous visons une croissance de 3,5% », a-t-il asséné.

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Cette croissance s’accompagnera toutefois d’une rentabilité deux fois moindre que l’an dernier, et même des pertes pour les compagnies du Moyen-Orient. « Les perturbations au Moyen-Orient dues à la guerre et la hausse des coûts des carburants ont fait virer les perspectives pour les compagnies aériennes dans le mauvais sens », a commenté M. Walsh, cité dans un communiqué.

« Les bénéfices vont se contracter, de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards cette année. Et les marges vont se réduire, passant de 4,2% à 2,0% », a-t-il ajouté, en évoquant la marge nette. Selon les calculs de l’IATA, le bénéfice net devrait être de 4,50 dollars par passager, deux fois moins qu’en 2025.

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« Dans ces circonstances, cela montre de la résilience. Mais ça ne permet même pas d’acheter un hot dog dans la plupart des stades de la Coupe du monde, et ça ne laisse pas beaucoup de sécurité si d’autres coûts ou des impôts devaient augmenter », d’après M. Walsh.

Les riches compagnies du Golfe en souffrance

Avec un coût du carburant en hausse, répercuté en partie sur le prix des billets, le chiffre d’affaires des membres de l’Iata devrait progresser de 9% cette année, à 1.165 milliards de dollars. « Les compagnies aériennes encaissent la majorité du choc des prix du carburants. Même si les prix des billets augmentent, elles en absorbent encore une partie sur leurs résultats », a estimé l’Association, qui compte plus de 370 compagnies membres.

En fonction des régions du monde, la rentabilité sera très variée, selon les projections de l’organisation. Les compagnies du Moyen-Orient, qui ont traditionnellement accès à un kérosène produit en abondance localement, devraient connaître une année noire. Leur marge nette, la plus élevée au monde en 2025 (9,4%), devrait devenir négative en 2026 (-6,1%).

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Pour ces compagnies, comme Emirates ou Qatar Airways, « le chemin pour se rétablir dans l’immédiat a des chances de passer par des prix avantageux plutôt que par un rétablissement rapide des volumes », selon l’IATA.

Malgré la forte incertitude géopolitique, et l’incapacité à prévoir combien de temps durera la guerre, l’IATA n’est pas inquiète pour la demande. Elle a fait valoir que le prix moyen d’un billet avait, selon ses calculs, chuté de 26% en dix ans.

Auteur: Challenge
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