La campagne électorale pour l’élection présidentielle du 12 décembre débute officiellement aujourd’hui. Elle met en lice, cinq candidats dont les dossiers ont été acceptés par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et validés par le Conseil constitutionnel, conformément aux dispositions de l’article 141 de la loi organique relative au régime électoral.
Les cinq candidats à la présidentielle, partent dès aujourd’hui, à la rencontre des électeurs dans une campagne qui s’annonce assez ardue au regard du contexte politique, économique et social inédit depuis le déclenchement du Hirak pacifique le 22 février dernier.
Les candidats vont faire face à une opinion publique qui attend la matérialisation de ses aspirations. Les Algériens qui ont marqué ce vendredi, le 39e acte de la mobilisation revendiquent, à travers les slogans scandés plus de libertés politiques, de droit à la participation à la vie politique, de défense de leurs droits et acquis sociaux et économiques. Les candidats vont donc tout mettre en œuvre pour être à la hauteur des attentes.
Ils sont donc , l’ancien chef de gouvernement et président du parti Talaie el Hourriet, Ali Benflis, l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, l’ancien ministre de la Culture et actuel secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi, l’ancien ministre de Tourisme et président du Mouvement el-Bina, Abdelkader Bengrina, et le président du parti Front Al-Moustakbel, Abdelaziz Belaid.
Une première lecture des principaux axes des programmes électoraux, révèle l’intérêt qu’accordent les candidats à la question économique. «C’est ce qui est réellement ‘’programmatique’’ dans l’offre électorale» observe un commentateur politique. En effet, le redressement de la situation économique, la réduction du chômage, l’amélioration du pouvoir d’achat, sont bien évidement les principaux thèmes qui intéressent le citoyen lambda. Tous les candidats surfent sur ces sujet-là, et chacun entend entamer une action politique sur la réalité économique, dans «l’intérêt du citoyen».
Le volet politique n’a guère été absent des interventions médiatiques des candidats même lors de la précampagne : «c’est la conjoncture actuelle qui impose aux acteurs de cadrer la réalité et d’adapter leurs discours aux attentes des électeurs» convergent là aussi, plusieurs politologues.
La campagne électorale : un espace de délibération
En effet, le choix des mots pour expliquer les différents thèmes, reflète aussi la diversité des options à choisir, et des priorités que chaque candidat veut mettre en avant. Ces derniers devraient miser sur une stratégie de communication efficace en vue de convaincre l’électorat, et celle-ci commence à première vue par le slogan affiché pour cette campagne.
«Ensemble construisons la nouvelle Algérie» est le slogan qu’a choisi le candidat Abdelkader Bengrina pour aborder sa campagne, alors qu’Abdelmadjid Tebboune se préparer de mener sa campagne sous le slogan «Engagés pour le changement, capables de le réaliser».
Pour sa part, Ali Benflis mènera sa course électorale sous le slogan «Notre serment pour l’Algérie» en visant «une transition globale» pour la «modernisation politique, économique et sociale du pays». «Le peuple décide» est le slogan choisi par l’équipe de campagne du candidat Belaid Abdelaziz. A travers ces différents slogans, les candidats cherchent un effet de cadrage pour focaliser l’attention des électeurs sur des thèmes privilégiés. C’est dans ce sillage que l’on conçoit la communication politique comme un exercice de légitimité. Selon les spécialistes «c’est le discours politique qui peut être vu comme l’illustration de la compétence de l’acteur politique dans la construction du sens, de sa capacité à exploiter la réalité sociale pour concevoir une signification et de définir les thèmes à inscrire dans l’agenda publique». En matière de communication, il est reproché aux politiciens d’être trop loin des citoyens, mais par l’entremise des nouveaux médias, et des réseaux sociaux ils se trouvent aujourd’hui rapprochés.
Le constat est que pendant trois semaines les candidats seront tenus de clarifier, d’expliquer, de détailler leurs offres électorales «loin des promesses flatteuses, les électeurs attendent un réel changement pour sortir le pays de l’impasse».
La campagne serait également un espace de délibération entre candidats et électeurs, dans l’objectif de mettre sur pied un projet de «consensus national et populaire» qui ouvre la voie à une démocratie libre et à la justice sociale.
A signaler que la «charte d’éthique des pratiques électorales» a été signée hier, à Alger. Cette charte élaborée par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) «expose les principes directeurs et les pratiques particulières qui forment le cadre du comportement moral attendu des acteurs et personnes participant au processus électoral».
Tahar Kaidi
Auteur: elmoudjahid
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