La sélection de football s’est offert un méga bain de foule à son retour d’Égypte. La forte chaleur qui a sévi à Alger n’a pas découragé des dizaines de milliers de citoyens à former une immense haie d’honneur, s’étendant sur plusieurs kilomètres entre l’aéroport international Houari-Boumediène et la place du 1er-Mai, pour offrir un accueil digne de ce nom à l’EN, au lendemain du deuxième sacre continental de son histoire. Dès les premières heures du matin, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants s’étaient placés en effet des deux côtés de la route que devait emprunter le bus à impériale de la sélection nationale, scandant sans relâche le fameux «One, two, three… viva l’Algérie». La foule était vraiment immense, y compris au niveau de l’autoroute, où le bitume chauffé par un soleil de plomb rendait pourtant l’air irrespirable. Quoique, jusque-là, le bus qui transportait les Verts arrivait quand même à se déplacer à vitesse plus ou moins soutenue.
C’est à son arrivée devant la cité des Bananiers que les choses ont changé, car à partir de là, l’immense foule ne se trouvait plus des deux côtés de la route, mais en plein milieu. Malgré le nombre important de motards et de véhicules de la police qui escortaient le bus des Verts, la traversée de l’avenue de l’ALN s’était transformée en un véritable parcours du combattant pour le capitaine Riyad Mahrez et ses coéquipiers. Les derniers kilomètres pour rallier le centre d’Alger ont été très fastidieux, surtout que les joueurs se trouvaient sur le toit du bus, complètement exposés au soleil. Ainsi, trois bonnes heures après avoir quitté l’aéroport Houari-Boumediène, le sélectionneur Djamel Belmadi et sa troupe n’avaient parcouru que la moitié du chemin censé les mener au palais du Peuple, où était programmée une réception en leur honneur. Les Verts, qui pensaient déjà avoir tout vu, n’étaient finalement qu’au début de leurs surprises, car à la place de la Concorde, c’est une véritable marrée humaine qui les attendait.
Les gens, jeunes et moins jeunes, munis de leurs smartphones, se rapprochaient du bus à chaque fois que l’occasion se présentait pour essayer de s’immortaliser aux côtés des héros du Caire. Même les personnes âgées, qui ont été incapables de descendre dans la rue, ont participé à cette joie nationale en lançant des youyous stridents à partir de leurs balcons.
Là encore, la traversée de la dernière trémie qui mène au palais du Peuple s’est faite au petit trot : plusieurs dizaines de minutes pour parcourir quelques centaines de mètres. C’est finalement bien après 19h, soit cinq heures après avoir quitté l’aéroport, que les Verts ont pu enfin rallier leur lieu de destination, le palais du Peuple, où un accueil présidentiel leur a été réservé. En effet, après le bain de foule et l’ambiance populaire, ils ont eu droit au tapis rouge, aux fleurs et à tous les honneurs.
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Sous une bonne étoile
L’Algérie décroche sa seconde étoile, après une traversée du désert qui aura duré vingt-neuf ans. Brillants depuis l’entame du plus prestigieux tournoi continental, les protégés du coach Djamel Belmadi ont disposé, non sans grandes difficultés, des Lions de la Téranga, vendredi soir au Cairo Stadium, à l’issue d’une finale pour le moins palpitante.
Les Guerriers du désert ont ainsi remporté la coupe d’Afrique des nations là où aucune sélection n’avait réussi jusque-là. Ils s’imposent chez les Pharaons, recordmans de la compétition. Ils gagnent le plus long tournoi (24 équipes), organisé pour la première fois en été. L’unique réalisation de cette partie, dominée par les coéquipiers de Sadio Mané, a été l’œuvre de Baghdad Bounedjah (2’). Ce but inscrit tôt dans la rencontre a complètement chamboulé les plans des deux staffs techniques. Contrairement aux précédents matchs où les Verts ont développé un jeu offensif qui leur a permis de dominer leurs adversaires, les camarades de Ryad Mahrez ont surtout fait dans la gestion du score et la résistance face à la sélection sénégalaise. Dans ce registre, les Algériens ont fait preuve de beaucoup de solidité et de concentration. «En général, une finale se gagne, et ne se joue pas. Ce match n’avait rien à avoir avec celui de la poule où nous avions gagné sans grandes difficultés. Aujourd’hui, le Sénégal a tout donné pour essayer de revenir au score, après le but inscrit dès l’entame de match par Bounedjah. Ce qui est tout à fait logique. De notre côté, nous avons tenu tête à notre adversaire jusqu’au bout. Ce n’était pas notre meilleur match du tournoi, mais l’essentiel est là. Nous sommes champions d’Afrique. Nous avons réalisé l’exploit de remporter cette CAN à l’extérieur. L’Algérie a fini meilleure attaque et meilleure défense. Bennacer est élu meilleur joueur du tournoi. Dans l’ensemble, nous méritons amplement ce trophée», a déclaré le coach national, visiblement aux anges, à l’issue du match. Il faut dire que Belmadi y est pour beaucoup dans la résurrection des Verts. En effet, il a su redonner confiance à cette talentueuse équipe qui évoluait largement en dessous de ses moyens. En peu de temps, il remobilise tout le monde pour un objectif qui, de l’avis de la quasi-majorité des techniciens, était inaccessible. En plus de leurs qualités techniques, les joueurs de l’EN ont fait preuve de volonté et de combativité tout au long de ce tournoi, pour pouvoir soulever ce trophée et apporter la joie à tous les Algériens à travers le monde. «Le peuple algérien a été un exemple aux yeux du monde entier lors des différentes manifestations pacifiques au cours des derniers mois. Nous avons voulu lui donner cette coupe d’Afrique. Nous méritons cette coupe. Nous avons été exemplaires tout au long de cette compétition. C’est un peu notre Hirak. Nous sommes très heureux et fiers de ce que nous avons réalisé. Je tiens à remercier tous les supporteurs qui ont fait le déplacement au Caire, ainsi que tous les algériens du monde entier», a souligné, pour sa part, Adlène Guedioura, auteur d’une prestation de haut niveau durant cette 32e édition de la CAN.
Rédha M.
Auteur: elmoudjahid
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