Des enjeux majeurs attendent le futur gouvernement qui devra  répondre aux aspirations des citoyens et aux défis qui se posent, notamment sur le plan régional.
Après sa prise de fonction, hier, le nouveau Premier ministre, Abdelaziz Djerad, fait face à de multiples défis dans le cadre de l’application du programme du président de la République. Dans une déclaration faite dès sa nomination, le Premier ministre a souligné  que   «le défi majeur consiste en le recouvrement de la confiance en notre société», mettant l’accent sur la conjugaison des efforts  en vue de relever les défis socioéconomiques et sortir de cette «période  délicate» que traverse le pays.
 Ainsi,  pour le gouvernement Djerad, il sera essentiel de rétablir la confiance entre les acteurs politiques,  les citoyens et les institutions.  Un impératif pour la mise en œuvre de la feuille de route du président de la République présentée lors de son premier discours. Le président Tebboune avait axé son discours sur  la nécessité de relever les défis qui se posent   présentement au pays, et l’urgence de dépasser  la  situation actuelle», relevant, à cet égard, que «la confiance du peuple en les institutions de l’Etat devrait être rétablie».
Le pays fait face à des défis mais également à des menaces sécuritaires.  De ce fait, le prochain gouvernement va s’atteler à un agenda particulier, en raison de la situation interne du pays et les événements au niveau régional notamment dans la région du Sahel suite à l’aggravation de la crise en Libye. Plusieurs grands chantiers ont été identifiés, dont certains à caractère urgent  et d’autres à long terme. 
La situation  politique semble un enjeu majeur et urgent. «Dans l’objectif de relever ces défis, nous devons dépasser, le plus vite possible, la situation politique actuelle pour entamer l’examen des questions essentielles pour le pays», avait indiqué M. Tebboune.  Il avait  précisé que «la situation que traverse le pays nous interpelle, plus que jamais, à parfaire notre gouvernance pour corriger les points faibles de notre pays, réunir les conditions nécessaires à la relance de la croissance économique, au développement de notre pays et à la consolidation de sa place dans le concert des Nations ».
Dans cette optique, afin de «répondre aux revendications du Hirak», il a annoncé l’amendement en profondeur de la Constitution  «très prochainement». Une Révision qui sera soumise à un référendum populaire.

Redynamisation du rôle de l’Algérie au  plan régional et international

M. Tebboune a appelé, en outre, à l’union de tous, «quelles que soient les divergences», et à «mettre la main dans la main pour construire la Nouvelle République, forte et respectée». La loi électorale sera également modifiée pour «donner la chance aux jeunes et lutter contre le phénomène de l’utilisation de l’argent sale pour influer sur le processus électoral».
Sur le plan économique, le président Tebboune avait annoncé sa volonté de mettre en place un nouveau modèle économique basé sur la diversification et sur l’économie de la connaissance. Ce nouveau modèle doit, avait-il indiqué, passer par la valorisation de la production nationale manufacturière agricole, industrielle et de service par une incitation fiscale, la limitation des importations et la mise en œuvre d’une nouvelle politique d’industrialisation. Ces mesures sont placées sous le sceau de l’urgence  si l’on se réfère aux avis des experts qui  ont relevé «une  crise économique»  aiguë qui a émergé,  dès  la chute des revenus pétroliers (95% des recettes du pays) signalant que les réserves de changes ont diminué de 17 milliards de dollars en 2018 et les prévisions officielles évoquent  la chute du niveau de ces réserves avoisinant les 62 milliards de dollars en 2019 et 34 milliards de dollars en 2021.
L’autre grand chantier, le volet social. Le président de la République s’est engagé  à ériger en priorités absolues,  l’accès au logement, l’amélioration de la qualité su système de santé et l’accroissement du pouvoir d’achat des citoyens en défiscalisant totalement les bas revenus. 
Sur le plan international, évoquant la situation en Libye, le président de la République a soutenu que l’Algérie, attachée, à la stabilité de ce pays, «n’acceptera pas d’être tenue à l’écart du processus de règlement». Cette position a été réitérée lors de la réunion du Haut Conseil de Sécurité, suite à l’évolution de la situation en Libye. Le communiqué de la présidence de la République a  annoncé, outre la prise d’une batterie de mesures à prendre pour la protection de nos frontières et notre territoire national, «la redynamisation du rôle de l’Algérie au plan international, particulièrement en ce qui concerne ces deux dossiers (Libye et Mali : ndlr), et de manière générale dans le Sahel, la région saharienne et l’Afrique».
Parmi les autres grands chantiers, le président Tebboune a cité la poursuite de  la lutte contre la corruption et l’esprit de distribution  anarchique de la rente. L’année 2020 sera à ce titre marquée par l’enrôlement des grands procès de corruption, dans lesquels sont impliqués des hommes d’affaires  ainsi que des ex-hauts responsables et des ex-hauts cadres d’Etat.
Neïla Benrahal

Auteur: elmoudjahid
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