Des étudiants de différents campus en masse avec leurs pancartes et leurs drapeaux à Alger-Centre / Photo : Lyès H.Les étudiants, qui ont battu le pavé, hier, dans la capitale, comme c’était le cas dans plusieurs autres wilayas du pays, ont exprimé, une nouvelle fois, leur rejet du processus électoral en cours, en scandant «Makanch intikhabat, ya issabat» (Pas d’élection, bandits).
La même chose a été entendue la veille, à Bordj Bou Arréridj, lors d’un rassemblement improvisé par les citoyens durant la soirée, devant le siège de la wilaya.
Si ces manifestants ont voulu, par ces actions aux tout premiers jours du mois de carême, affirmer qu’ils ne renonceront pas aux manifestations de rue durant le Ramadhan, il s’agit aussi d’une réponse au dernier discours du chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, prononcé dimanche dernier, dans lequel il s’en tenait toujours à la présidentielle du 4 juillet prochain.
Le rejet par la population de ce rendez-vous électoral, devant donc être organisé par des figures de l’ancien régime, en l’occurrence Bensalah et le Premier ministre, Noureddine Bedoui, s’ajoute à celui des partis politiques de l’opposition qui, pour ceux qui se sont exprimés jusque-là sur la deuxième offre de dialogue du chef de l’Etat, ont unanimement décliné la proposition.
Le dernier en date étant Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, qui s’est dit hier, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, ne pas comprendre que «le chef de l’Etat propose à chaque fois de retourner à un dialogue pour imposer l’élection du 4 juillet, alors que les conditions ne sont absolument pas réunies et que c’est impossible d’aller à cette élection-là».
«Autant engager une vraie discussion, un vrai dialogue avec le centre du pouvoir pour s’entendre sur une formule qui consiste à mettre en place une présidence de l’Etat, avec des figures acceptées par tout le monde, à commencer par les Algériens, et dont les objectifs seraient bien déterminés et bien définis.
C’est-à-dire en un laps de temps suffisant mais court, organiser les changements nécessaires pour aller vers des élections libres et transparentes», a-t-il ajouté.
Avant lui, le Front des forces socialistes (FFS), le Parti des travailleurs (PT) et le Front pour la justice et le développement (FJD) de Abdallah Djaballah, tout comme la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), ont exprimé leur rejet de l’offre de dialogue de Bensalah et, par conséquent, du processus électoral en cours.
Certains, comme Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, y voient carrément une tentation, de la part du pouvoir, d’exercer un «forcing» pour imposer cette élection.
Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que les délais impartis ne vont jamais suffire pour l’organisation d’une élection le 4 juillet prochain, même dans les conditions actuelles qui ne peuvent garantir la transparence.
Le Rassemblement national démocratique (RND) d’Ahmed Ouyahia avait préconisé un report de cette élection de trois mois.
La première conférence de concertation de Bensalah, qui a eu lieu le 22 avril dernier, sur laquelle il avait fait lui-même l’impasse, s’est déroulée en l’absence de la quasi-totalité des partis politiques.
Même deux anciens partis de l’alliance présidentielle, TAJ de Amar Ghoul et le MPA de Amara Benyounès, l’avaient boycottée, alors que le FLN et le RND avaient dépêché des «seconds coûteaux».
Aujourd’hui, il est quasiment certain que le chef de l’Etat échouera, une deuxième fois, à réunir autour de lui les formations politiques de l’opposition.
Il reste une dizaine de jours pour la fin du dernier délai pour le dépôt des candidatures et aucun dossier «sérieux» n’a jusque-là été déposé. Techniquement, il reste moins de deux semaines pour que la Présidence se décide sur le maintien ou non de ce rendez-vous électoral.
Le pouvoir en place arrivera-t-il à imposer une élection rejetée par la population et qui va se dérouler, dans un tel cas de figure, avec les mêmes mécanismes que veulent changer les Algériens ?
Face à l’«entêtement» affiché par Abdelkader Bensalah d’aller vers cette élection, la population, à chaque fois que l’occasion se présente, exprime une plus grande détermination pour son rejet. L’option de ce processus électoral paraît extrêmement risquée.
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Auteur: Hicham Chouadria
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