Elles dénoncent «l’oubli» de cette question des disparus

Des milliers de familles attendent toujours et n’arrivent pas à faire leur deuil.

Les familles des victimes des disparitions forcées s’inquiètent. Elles affirment avoir constaté l’évacuation de cette question sensible de tous les débats et de toutes les propositions émanant des acteurs politiques et associatifs depuis le début du hirak.

«Nous sommes invités à toutes les rencontres et nous faisons parties de toutes les initiatives de sortie de crise. Mais la question des disparus n’apparaît dans aucune des propositions. Ce n’est pas normal. C’est une question des droits de l’homme», affirme Hacene Ferhati, membre de l’association SOS Disparus.

Intervenant lors d’une conférence de presse animée hier à Alger, en compagnie de Me Sid Ali Boudiaf, l’orateur insiste sur la revendication essentielle des familles des disparus, en l’occurrence la demande de la mise en place d’une commission de vérité sur le sort de toutes les victimes.

«Nous voulons la vérité et rien d’autre. Mais, ni la justice ni les autorités n’ont voulu donner une suite à notre réclamation. Pire, on a voulu enterré cette question avec la loi sur la réconciliation nationale», dénonce-t-il.

Concernant le volet relatif à la loi, Sid Ali Boudiaf relève les contradictions entre la charte pour la paix et la réconciliation de 2006 et le code des procédures pénales. «Alors que ce dernier donne le droit à toutes les victimes de saisir la justice, la charte, notamment son article 45, empêche l’engagement de toute procédure judiciaire contre les auteurs de ces actes», explique-t-il.

Selon lui, le dossier des disparus devra être ouvert à travers l’organisation d’un dialogue national qui sera adopté par les parties et la mise en place d’une commission d’enquête pour faire jaillir la vérité. En vue de relancer ce dossier, les familles des disparus comptent saisir le président Abdelmadjid Tebboune.

«Nous sommes en train de préparer une lettre à adresser au chef de l’Etat pour lui demander de prendre les mesures nécessaires pour faire connaître la vérité sur le sort des disparus. Des milliers de familles attendent toujours et n’arrivent pas à faire leur deuil», explique Smaïl Gherzoul, membre de SOS Disparus.

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Auteur: Anis Khecheba
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