Entre les barres de fer qui traînent par terre et balancent en l’air, je flaire le danger
Entre les pointes et les lames venimeuses qui minent le plancher je suis piégé
Parfois d’indélicats maladroits se font mordre par des aiguilles empoisonnées
La blessure est une rature du quotidien, chaque éraflure est une aventure imprimée
Dommage, il n’y a pas d’âge pour être à l’ouvrage quand les enfants se prennent en charge
Dommage, il y a des mineurs fouineurs qui meurent de tumeur sous le poids des décharges
Ecoute la voix de la mine qui engloutit le souffle du fils unique du pauvre sans pépites
Regarde ces dents de lait briller à la lueur des étincelles de la forge en flamme qui crépite
Les mains nues, ils rabotent le bois et le doigt, ils croient que demain apportera plus de joie
Les yeux remplis de sommeil, ils veillent la nuit pour rêver des promesses qui se noient
Loin de l’enfance qui s’amuse, ils rivalisent de devoirs avec l’adulte imberbe qui se débine
Loin du chemin de l’école, ils se fraient un passage dans le sillage de l’ignorance qui piétine

Trop d’enfants ouvriers mutilés, exploités et torturés dans les ateliers d’usuriers, sans ration
Que de diablotins sans destin, sacrifiés à dessein dans des plantations de lamentations
Trop de pleurs et de larmes dans les chantiers de douleurs entre sévices et supplices
Que de bambins sans pains maltraités sans fin dans des ménages de faim et de délices
A toutes ces marmailles qui travaillent vaille que vaille entre les mailles du mal
Du revers de la main, j’éponge les fronts imbibés de lave et je panse les plaies sales
A tous ces enfants arrachés à l’innocence sublime d’une jeunesse en détresse
J’apporte des jouets tendres, plus légers que le marteau et le couteau qui blessent
Disons non au travail des enfants !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Auteur: DD. Sidwaya
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