Attendons pour voir…
Ils étaient près de 40.000, ce lundi, à battre le pavé des rues de Tbilissi, la capitale de la Georgie, pour exiger la libération de Mikheïl Saakachvili, ce leader de la « révolution des roses » qui avait présidé aux destinées de cette ancienne république de l’Ex-Union soviétique entre 2004 et 2013.
Arrêté, dès son retour au pays le 1er Octobre dernier après un exil de huit années en Ukraine, en application d’une condamnation par contumace pour des accusations d’« abus de pouvoir » qu’il juge éminemment « politique », celui qui fut le premier président pro-occidental de Géorgie et qui reste une figure charismatique de la politique géorgienne, s’était immédiatement drapé du costume de leader de l’opposition et avait entamé une « grève de la faim » pour protester contre son incarcération.
Samedi dernier et alors que son état s’était aggravé après une grève de 38 jours, plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés à Roustavi dans le sud-est du pays où se trouve la prison où l’illustre détenu est incarcéré. Ayant installé des dizaines de tentes à proximité de la prison, ils se sont engagés à rester mobilisés tant que l’illustre détenu n’aura pas été transféré dans un hôpital comme le recommandent ses médecins.
« Si cette demande n’est pas satisfaite, tous les géorgiens se rassembleront lundi à Tbilissi Place de la Liberté » a déclaré, en fin de journée, Nika Melia, le président du Mouvement National Uni (MNU) de l’ex-chef de l’Etat.
Mais quand, lundi, l’ancien président a déclaré « craindre » pour sa vie et assuré que ses gardiens l’ont maltraité physiquement en l’insultant, en le frappant au cou et en le tirant par les cheveux, que les médecins qui l’ont examiné ont évoqué «un « fort risque de complications et la « nécessité de le soigner, d’urgence, dans une clinique polyvalente bien équipée », ses geôliers ont annoncé que, pour « éviter l’aggravation de son état de santé » après 39 jours de grève de la faim, ils l’ont transféré dans un hôpital pénitentiaire. Or, dès son arrivée sur les lieux, Mikheïl Saakachvili a affirmé, dans une lettre adressée à son avocat que « le but » de ce transfert est de le « tuer » dès lors qu’un tel établissement ne répond pas aux critères énoncés par les médecins et ce, d’autant plus que son médecin personnel avait révélé, en Octobre dernier, que l’ancien président de Géorgie avait des problèmes sanguins qui rendent son refus de s’alimenter « particulièrement dangereux ».
L’ancien chef de l’Etat déclarera, par ailleurs, dans un communiqué diffusé par son avocat : « Au moment où le Parlement géorgien a aboli à mon initiative [en 1998] la peine de mort, je ne pouvais pas imaginer que, des années plus tard, je serai condamné à mort en Géorgie » et ses avocats se sont inquiétés du fait que sa « sécurité ne sera pas garantie dans cet hôpital-prison où des criminels condamnés sont employés en tant qu’auxiliaires médicaux ».
Il n’en fallait pas plus pour que, lundi, des milliers de manifestants, conduits par Nika Melia, rejoignent la place centrale de Tbilissi en scandant, à l’unisson, le nom de leur ancien président.
Interrogé par des journalistes de l’AFP, le président du MNU affirmera qu’ « un mouvement de protestation massif et permanent commence en Géorgie et ne s’arrêtera pas tant que Mikheïl Saakachvili ne sera pas libéré et que des élections anticipées n’auront pas été organisées (…) Nous ne nous disperserons pas, notre protestation sera implacable et pacifique ».
Les protestataires ont pris, par la suite, la direction du centre-ville où se trouve le bureau du Premier ministre avec l’intention de bloquer le bâtiment tant que l’ancien chef de l’Etat, « victime d’une vendetta politique » ne sera pas libéré mais ils en ont été empêché par les centaines de policiers anti-émeutes déployés devant les bâtiments gouvernementaux
Jusqu’à quand durera ce bras-de-fer entre le pouvoir et l’ancien président dont l’emprisonnement n’a contribué qu’à aggraver la crise politique qui avait commencé avec les législatives de l’année dernière, difficilement remportées par le « Rêve géorgien » et fermement contestées par l’opposition ? Attendons pour voir…
Nabil EL BOUSAADI
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Auteur: M’hammed rahal
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