Ce n’est pas la première fois que les Algériens s’invitent dans les débats franco-français. Les raisons, on les connaît trop suffisamment pour s’y appesantir. On ne refait ni l’histoire, ni la géographie. Bien sûr, la sociologie des Algériens de France a changé et a connu ses grandes mutations, parfois jusqu’à la rupture. Pour autant, le discours, les réflexes et le regard, d’ici, n’ont pas toujours été du niveau des évolutions en la matière. Celle-ci d’abord : l’immense majorité des femmes, hommes et enfants réunis dans le vocable de communauté nationale de l’Hexagone sont (aussi) des… Français à part entière. Qu’on ne s’y méprenne pas pour autant. Dans des proportions difficilement maîtrisables du fait que cela tient essentiellement de parcours individuels et, partant, de facteurs subjectifs, la nationalité «administrative» ne détermine pas toujours le rapport entretenu par le « Franco-algérien, à moins que ce ne soit l’Algéro-français avec le pays de ses origines. Toujours est-il, qu’il n’y a pas un seul Algérien d’ici qui n’a pas de lien filial ou d’une autre nature avec un ou plusieurs Algériens de là-bas. Et quand on y ajoute la culture, la langue, le volume et la fréquence des déplacements et parfois les intérêts, on comprend mieux. Tout ce qui se passe en France est suivi avec intérêt ici, surtout que les nouveaux médias facilitent grandement les choses. Les télévisions françaises pour l’exemple sont devenues une consommation courante dans tous les foyers du pays. Evidemment, il y a une «hiérarchie» des événements de France qui suscite l’intérêt, parfois jusqu’à la passion, des Algériens. Si le foot, les élections et les attentats terroristes forment le «podium» en la matière, d’autres événements sont suivis avec des niveaux d’attention évidemment différents. Ainsi, rien n’indiquait que le mouvement de contestation sociale décliné sous l’appellation de «gilets jaunes» allait intéresser les Algériens au point de «concurrencer» désormais l’actualité française qui attirait traditionnellement le citoyen algérien. Pourtant, il n’en a pas été ainsi depuis le début. C’est quand le Président Macron s’est… invité dans un débat algéro-algérien que l’essentiel de l’intérêt est devenu audible sur la scène publique. Alors, on s’est mis à comparer, dans la foulée de la colère nationale et de celle suscitée par une déclaration d’Emmanuel Macron sur ce qui se passe en Algérie. On a commencé par lui dire de «s’occuper de ses gilets jaunes». Le Hirak a ensuite fait son fier parallèle entre la «silmia» sereine et apaisée du mouvement populaire et les débordements violents des ultras français. Le pouvoir, lui, a pris les choses autrement en mélangeant tout : la  police française serait bien plus répressive dans sa gestion de la foule que la nôtre qui n’aurait fait que «sécuriser» les manifestations, l’Algérie n’aurait plus de «leçons à recevoir en matière des droits de l’Homme» et la démocratie des grandes puissances comme la France ne serait finalement qu’une vue de l’esprit. Les Algériens s’invitent toujours dans les débats franco-français. Et quand ce n’est pas la communauté algérienne dans toutes ses nuances qui y contribuent, ce sont les parallèles, même quand ils sont difficiles à saisir.
S. L.

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