Les industriels de la région du Nord sont dans l’expectative. Alors qu’une grande partie des activités industrielles ont repris (automobile, textile, entre autres), «le manque de visibilité et l’absence de confiance créent un climat d’attentisme malsain», selon Adil Rais, président de la CGEM-Nord.
«Les entreprises de la région ne cessent de demander si les mesures d’accompagnement seront reconduites», note le patron des patrons dans la région mais rien ne filtre du côté du gouvernement. Plusieurs d’entre elles n’auront d’autre choix que de tailler dans le vif, c’est-à-dire procéder à des licenciements massifs si le dispositif d’accompagnement n’est pas maintenu.
C’est surtout le cas pour les filiales de multinationales. A l’inverse des entreprises à capital marocain, les filiales des grands groupes internationaux sont soumises à des pressions importantes en matière d’équilibre financier et de rentabilité de la part des maisons mères et des marchés boursiers d’où une forte tentation pour alléger la masse salariale, les emplois menacés pourraient se chiffrer par milliers. Une tentation à laquelle les sociétés à capital 100% local sont moins exposées.
Jusqu’ici, les entreprises du secteur industriel ont survécu avec des mesures qui ont eu pour effet indésirable d’augmenter leur embonpoint, c’est-à-dire leur endettement. «Il sera difficile pour les entreprises de maintenir ce niveau d’endettement qui risque de nuire à leur santé financière», avertit Rais, une situation que l’attentisme actuel ne fait qu’empirer.
Les mesures d’aide par voie d’endettement devraient être complétées par un fonds de soutien pour consolider l’existant en matière de tissu industriel, note encore Rais, il y va de la survie de pans entiers de l’économie marocaine.
Par secteur, la situation reste hétérogène. Si l’industrie du textile a réussi à reprendre, il n’en reste pas moins que la visibilité est limitée au mois d’août. Pour l’automobile, le redémarrage est en cours. Même si les ventes en Europe ont repris, les usines et les fournisseurs marocains tarderont à reprendre leurs niveaux d’avant, du moins jusqu’à l’écoulement des stocks chez les concessionnaires du Vieux continent et le maintien des offres promotionnelles. Au-delà, le flou subsiste et n’aide pas à se faire une idée sur les perspectives futures. En tout cas, selon Rais, «revenir aux niveaux de 2019 sera long et pénible».
Qu’en est-il de la préférence nationale?
L’idée de la préférence nationale et de la favorisation de la consommation des produits fabriqués au Maroc n’a pas fait long feu. Elle semblait pourtant comme une piste de choix pour maintenir les postes d’emploi marocains et encourager le secteur industriel. D’autant plus qu’en cette période, avec la baisse des rentrées de devises, elle semblait adaptée à la perfection à cette situation.
Ali ABJIOU
Auteur: hlafriqi
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