«Il doit rouvrir le jeu ; il doit décentraliser, il doit libérer les opposants politiques, il doit faire respecter l’état de droit». «Il» c’est le Président camerounais Paul Biya. Et celui qui prononce ces injonctions, sur un ton comminatoire à la manière d’un maître du primaire énumérant ses punitions à son élève récalcitrant, c’est Emmanuel Macron, le Président français.

Interpellé ce 22 février 2020 par un activiste camerounais, le chef d’Etat français a épuisé, en moins de cinq minutes d’échanges avec son interlocuteur, le dictionnaire de l’humiliation à l’endroit de son homologue camerounais.

L’objet de cet échange ? La crise qui, dans les régions camerounaises du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, souille la terre du Cameroun du sang de ses filles et fils depuis beaucoup trop longtemps. Il s’agit d’un «génocide», puisque le chef de l’Etat français entérine, par son silence et son attitude, cette qualification faite par son interlocuteur de cette innommable guerre où le frère tue le frère.

Prisonniers d’opinion

«Vous savez mon engagement sur ce sujet. J’ai mis la pression sur Paul Biya pour que d’abord il traite le sujet de la zone anglophone et ses opposants», commence le dirigeant français. Qui poursuit : «Je lui (le Président Paul Biya, ndlr) avais dit : je ne veux pas qu’on se voit à Lyon tant que Kamto n’est pas libéré. Il a été libéré parce qu’on a mis la pression. La situation est train de de se dégrader de nouveau. Je vais appeler le Président Biya la semaine prochaine et on mettra le maximum de pression pour que cette situation cesse. Je suis totalement au courant et impliqué sur les violences qui se passent au Cameroun et qui sont intolérables».

Son interlocuteur affirme qu’il y a des prisonniers d’opinion au Cameroun ? Emmanuel Macron fait immédiatement chercher et venir un de ses collaborateurs pour prendre les noms de ces prisonniers.

Le Président Paul Biya, qui selon Emmanuel Macron a coutume de céder à de telles « pressions », a dû en prendre bonne note, en attendant que ces injonctions lui soient officiellement dictées lors de l’appel téléphonique que son homologue et prescripteur français lui passera la semaine prochaine.

Auteur: Serges Bontsebe
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