Étudiants étrangers

Karim Ben Amar

Plus de 200 étudiants originaires du Congo-Brazzaville sont bloqués au Maroc. Après 5 ans de vie dans le campus universitaire de l’UPM et la réussite aux examens, voilà que ces derniers n’ont jusqu’à présent reçu aucun diplômes couronnant leur parcours universitaire.  C’est le cas de quatre promotions n’ayant d’autres choix que de camper au campus en espérant que le gouvernement congolais régularise leur situation au plus vite et ainsi pouvoir regagner leur pays avec le précieux sésame dans les bagages. Pour en savoir plus, l’équipe d’Al Bayane a contacté Loemba Bouity Dieu Merci Merlin, un étudiant congolais qui refuse de rentrer au pays sans son diplôme au même titre que le reste des étudiants ayant réussi les examens. Sans détour, il nous détaille sa situation et celle de ses camarades. Les détails.

Voilà une situation assez inédite. Ce n’est pas moins de quatre promotions d’étudiants originaire du Congo-Brazzaville ayant réussi haut la main les examens qui se retrouvent bloqués au campus de l’UPM. Et pour cause, le gouvernement congolais n’a pas payé comme convenu les frais de scolarité des étudiants congolais boursiers.

En effet, une convention a été signée entre le ministre de l’Enseignement technique et professionnel Ghislain Thierry Maguessa Ebome et l’UPM en 2021 mais force et de constater que la partie congolaise n’a pas respecté ladite convention. Se composant de trois volets, et signée par les deux parties, cette convention évoque l’apurement de la dette des frais académiques due à l’UPM par l’État congolais, la délivrance des diplômes et des documents administratifs aux étudiants boursiers de l’Etat congolais de l’UPM et enfin le rapatriement des étudiants ayant terminé leurs études dans les différents cycle et filières de l’UPM.  

À ce sujet, Loemba Bouity, fraichement diplômé ingénieur en Technologie de l’Information et de la Communication et des Systèmes Embarqués « TICSE » déclare à l’équipe d’Al Bayane que « nous endurons un véritable calvaire depuis plusieurs mois maintenant. L’État congolais a envoyé quatre promotions afin qu’ils poursuivent leurs études dans la prestigieuse Université Privé de Marrakech. Sur les 217 étudiants, seulement 8 ont reçu leur diplôme. Quant au reste des étudiants, ils sont privés du précieux sésame. Dès 2022, nous nous sommes engagés dans des revendications pacifiques après notre soutenance et la réussite aux examens afin de trouver une issue à notre situation peu enviable ».

Le jeune expert énergies renouvelables a assuré la gorge nouée que « le ministre de tutelle a fait le déplacement à Marrakech en janvier 2023 dans l’objectif de nous rapatrier mais sans le diplôme en poche. Une minorité a accepté de rentrer au Congo sans diplôme moyennant la bagatelle de 200 euros. Mais la majorité des étudiants a décidé de rester au campus sans aucune aide financière de notre pays. Nous sommes abandonnés à notre triste sort ». Et de poursuivre, « pour manger et subvenir à nos besoins, nous n’avons pas d’autres choix que de nous débrouiller ».

Quant aux solutions trouvées par le gouvernement congolais, le jeune de 25 ans assure que « nous relançons bien évidemment notre pays, mais jusqu’à présent, nous n’avons rien d’autres à nous mettre sous la dent que des promesses. Notre État fait preuve d’une mauvaise volonté de solder l’Université. L’État congolais est redevable de la somme de 9.149.132 euros à l’UPM ». Et d’ajouter, nous demandons une seule chose, la remise de nos documents académiques ». Nous avons travaillé dur pour pouvoir réussir nos examens, nous ne voulons que nos diplômes pour pouvoir enfin embrasser notre carrière professionnelle » conclut l’ingénieur de formation.  

Soucieux de livrer à nos lecteurs un papier équilibré, nous avons contacté l’UPM et l’ambassade du Congo-Brazzaville à Rabat, mais les nombreux appels de la rédaction d’Al Bayane sont restés sans réponse.    

L’article Les lauréats congolais de l’UPM toujours dans l’attente de leur diplôme est apparu en premier sur ALBAYANE.

Auteur: M’hammed rahal
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.