Ce 25e vendredi a été marqué par une très forte chaleur qui n’a nullement dissuadé des manifestants déterminés à battre le pavé afin de s’exprimer librement contre le système en place.
Ils n’étaient pas nombreux, certes, mais la mobilisation dans l’esprit des populations n’a pas faibli. «Ya lahassine errandjers, el hirak rahou labess !» ont scandé à maintes reprises les marcheurs afin de rappeler leur détermination face aux sceptiques. Une ambiance bon enfant a régné tout le long du parcours. Braham est accompagné, dans cette révolte populaire pacifique, de son neveu venu de France pour passer quelques jours de vacances. Enveloppé de l’emblème national, l’émigré suit la procession, en signe de solidarité avec ses compatriotes, avec le sourire.
Des retraités, des avocats, des professeurs d’université, des enseignants de l’éducation nationale, aux côtés des étudiants, des jeunes sans emploi… autant de citoyens, en dépit de l’absence de certains, qui forment la marée humaine. Armé d’un mégaphone, un jeune dicte haut et fort les slogans repris par les manifestants. Les visages, couverts de sueur, brillent.
Les manifestants insistent : «Makach intikhabate maâ el îssaba !» «Ya Bedoui, ya Bensalah, barkaou ma talâabou mâa El Gaid li machi salah !» «Dawla madaniya machi âskariya !» «Silmiya» ; «Tahya El Djazaïr hourra dimocratiya»… Les manifestants, pour la première fois, scandent haut et fort «Rahou djay el îssyane el madani !» (arrive bientôt la désobéissance civile). Des slogans étrangement pas médiatisés par les représentants locaux de la presse nationale. «Nous sommes conscients et avons remarqué l’absence de la presse durant nos marches du vendredi depuis le 22 février.
Cela n’affaiblit pas notre détermination», nous disent quelques manifestants. Une bouteille d’eau fraîche est offerte à un participant qui a perdu la voix. Au chef-lieu de la wilaya de Tipasa, des jeunes marcheurs s’en sont pris à des personnes utilisant des caméras pour les filmer et les identifier en clamant : «Zoumi, zoumi ya aoulid el harki !»
Ils ont notifié leur désaccord avec le pouvoir en criant «Djibouna el kafa’ate, machi el hafalate», faisant allusion aux spectacles organisés par le département ministériel de Mme Merdaci.
Les conférences animées par Ahmed Benbitour, Smaïl Lalmas et Nordine Bekiss à Cherchell ont sensibilisé les citoyens, ce qui explique la détermination des «hirakistes» qui croient en la naissance d’une IIe République en Algérie, sans ce qui reste du gang et des symboles du système. Il n’en demeure pas moins que certains manifestants craignent l’arrivée massive mais discrète d’opportunistes, envoyés par le pouvoir, dont la mission consiste à casser cet élan et cette volonté de manifester pour le changement radical du système en Algérie. Dans la wilaya de Tipasa, nous avons remarqué la présence de nouveaux visages au sein de la marée humaine et l’absence des «habitués» des rendez-vous du vendredi.
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Auteur: Hicham Chouadria
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