Le ferme rejet de la politique coloniale de séparation du Sahara, exprimé par les manifestations populaires du 27 février 1962, à Ouargla, ont apporté la confirmation de l’attachement du peuple à l’intégrité du territoire national comme il est une expression de la conscience élevée des Algériens quant à l’unité géographique et la cohésion nationale», a estimé, M. Mohamed Lahcen Zeghidi.
L’historien relève la symbolique des manifestations du 27 février 1962, en ce qu’elles illustrent le haut niveau de la conscience qui animaient les initiateurs de ce mouvement, et considère qu’elles devraient interpeller tout un chacun, sur le fait que «le peuple a toujours été au centre de l’histoire «et c’est lui qui constituait» le centre de gravité dans le long processus historique dans ses étapes les plus marquantes». «L’unité populaire et nationale a été exprimée dans tous les textes fondateurs de la Révolution nationale, notamment la déclaration du 1er Novembre», a-t-il ajouté devant une assistance composée de nombre moudjahidine et témoins de l’histoire. M. Zeghidi explique que même si la lutte révolutionnaire a connu un certain «relâchement», les Algériens «ont su corriger» la trajectoire car ils sont restés «déterminés» à «poursuivre» sur la voie de l’édification de l’État indépendant en dépit des crimes abjects de la puissance coloniale et son attitude hostile.
Fidèle à son esprit académique, l’historien a expliqué que l’intérêt qu’a accordé la France au Sahara, commençait à apparaître déjà à la fin de la Première Guerre mondiale après la découverte de plus de 13 matériaux précieux qui ont fait du sud algérien l’une des réserves les «plus importantes» en matière des richesses naturelles. Voilà donc l’intérêt économique qui constitue la première dimension, qui vient s’ajouter à l’intérêt géostratégique du Sahara. «Comme la grande porte qui permettra à la France d’étendre sa domination coloniale sur les six pays de la région du Sahel et l’Afrique subsaharienne et ce, dans un contexte marqué par la course au positionnement géopolitique au sortir de la Seconde Guerre mondiale et, plus tard, la découverte du pétrole en avril 1956».
Démasquer les projets politiques de la France coloniale
La gestion du dossier du Sahara s’est faite à un haut niveau par la France coloniale qui voulait à tout prix «imposer» l’idée de l’Algérie du Nord séparée de son prolongement géographique naturelle».
«Toutefois, la France coloniale fut surprise par des manifestations observées dans plusieurs régions du Sud, notamment à Ouargla où des centaines d’habitants étaient sortis dans les rues pour revendiquer leur attachement et leur détermination à mettre en échec les plans coloniaux consistant à séparer le Sahara du reste du territoire algérien», a expliqué pour sa part le directeur général du Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er Novembre 1954.
Le Dr Djamel Yahiaoui explique à ce sujet que ces manifestations constituaient une des «épopées populaires» ayant jalonné le cours de la glorieuse lutte de libération nationale et signalera que, pour le lecture avisé de l’Histoire, plusieurs événements marquants se sont produits durant les quinze derniers mois de la Révolution, à commencer par les manifestations de décembre 1960, le sursaut des émigrés algériens en France le 17 octobre 61, et les manifestations du 27 février 1962 dans le Sud. Abondant dans ce sens, il a attiré l’attention sur l’importance de «lire» l’histoire de la lutte du peuple algérien comme un processus continu marqué par des événements «liés» contribuant, selon les contextes, à «jalonner» la marche vers l’indépendance. Le DG du CNERMN 54 a noté que ces manifestations ont été un prolongement de l’action armée menée alors dans les différentes régions du pays et apporté au passage un témoignage de l’envergure de la lutte du peuple algérien contre la présence coloniale sur tout son territoire. «A quelques semaines des négociations d’Evian, et du cessez-le-feu, le soulèvement populaire du sud exprimait le ferme rejet de la politique coloniale française visant la séparation du Sahara algérien du reste du pays, et à travers lequel, le peuple algérien a réaffirmé son attachement à la lutte menée par l’ALN et le FLN, et à l’intégrité de son territoire», a-t-il soutenu
Le 27 février…
Journée de l’unité nationale
M. Yahiaoui a relevé les conséquences politiques de ces manifestations d’Ouargla et citera ce propos, la reprise des négociations à Evian, le 18 mars 1962, à l’issue desquelles l’autorité coloniale reconnaissait la souveraineté de l’Etat algérien sur l’Algérie, Sahara compris, sans oublier la forte pression que subissaient les négociateurs algérien à Evian vis-à-vis d’une puissance coloniale. «Ces manifestations étaient donc, un soutien stratégique à la révolution algérienne et ont eu un large impact sur le processus des négociations d’Evian, en réconfortant largement la délégation algérienne négociatrice du Gouvernement provisoire de la République algérienne, contraignant, ainsi la France coloniale à se résigner et à finir par reconnaître l’unité indivisible du territoire national et le droit du peuple algérien à son indépendance et sa souveraineté», s’est félicité le DG du CNERMNA 54.
Le 27 février 1962, restera donc une date phare dans l’histoire de la Révolution algérienne. M. Lahcen Zeghidi n’hésite pas à cet effe,t de faire une suggestion. «Pourquoi ne pas en faire une date symbolique pour célébrer l’unité nationale afin de rappeler aux générations futures cet élan de solidarité, de cohésion, et d’unité qui a toujours caractérisé leur longue marche historique», a plaidé l’historien.
Les manifestations du 27 février 1962, à Ouargla, ont constitué un prolongement de l’action révolutionnaire menée à travers les différentes régions du pays durant la guerre de Libération nationale, «imposant soulèvement observé par la population de la région pour exprimer son rejet de la politique coloniale visant à porter atteinte à l’intégrité du territoire national». ce soulèvement a eu «un large impact et écho dans le processus des négociations d’Evian, et a contribué largement au soutien de la délégation algérienne négociatrice du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), contraignant, ainsi, la France coloniale à se résigner et à finir par reconnaître l’unité indivisible du territoire national et le droit du peuple algérien à son indépendance et sa souveraineté».
Tahar Kaidi
Auteur: elmoudjahid
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