Le Temps – Hamma HANACHI

Succédant à Barak Obama, Donald Trump a été élu en 2016, 45ème président des Etats Unis, avec un slogan nationaliste «Make America great again» ou «Redonnez à l‘Amérique sa grandeur », comme si son prédécesseur avait enfoncé le pays dans le camp des pays «faibles». Elu, son slogan était suivi d’un programme basé sur la déformation de la réalité et l’application d’une politique dure et arrogante anti-immigration, le déni des faits l’a amené à remettre en cause l’accord de Paris sur le climat et le traité du nucléaire avec l’Iran, et considérer le coronavirus comme un canular. Assis sur une grosse fortune, Trump a réussi sa vie professionnelle, notamment grâce son émission de téléréalité et un usage intensif des tweets, à tel point que beaucoup de médias en ont fait des rubriques fixes. Sa défaite récente laisse un goût amer à l’ensemble du monde, parmi les nombreuses leçons à tirer de l’invasion du Capitole et ses conséquences, c’est le poids des mots et le prix de la valeur morale, on vient de le constater avec l’appel à l’émeute du président Trump pour occuper le temple du législatif américain. On le sait, les mots ont un sens, à fortiori quand ils proviennent d’un responsable ou d’un leader d’opinion, ils produisent un effet lourd, direct et indirect. L’image de la démocratie de la plus grande puissance a été salie suite à des mots peu ou sous-pesés. «Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux», disait René Char, poète et grand peseur des mots. La valeur morale de Trump, évidemment néolibérale, repose sur le concept du « winner » ou le gagnant, le président américain l’incarne sans nuance. Pendant son mandat, il en a fait son credo et sa réflexion politique, il va même plus loin quand il parle de «killer» ou tueur. Face à un killer, il y a forcément un loser, par conséquent, la société ne figure pas comme un espace pacifique, mais un ring qui, dans un système inégalitaire, réunit non pas des boxeurs du même poids mais, hélas, oppose des poids lourds à des poids plumes ou l’Amérique et les autres «America First», prônait Trump. Qui sont les winners, appelés les premiers de cordée par Macron ? Le haut du panier de la société, dirigeants héritiers ou ceux qui ont la possibilité de profiter de l’ascenseur social, généralement des hauts diplômés et proche des cercles du pouvoir. Mais la théorie du winner a ses limites, sinon ses travers, un winner ne peut pas avouer sa défaite (sinon le mot perd son sens), mauvais perdant Trump vient de nous le prouver.

H.H

Auteur: letemps1
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