Le ministre a affirmé que le travail de la commission tire à sa fin
Photo : D. R.La colère de la communauté estudiantine augmente de jour en jour n Le drame survenu samedi dernier à Ouled Fayet n’a fait que rappeler les conditions difficiles dans lesquelles vivent beaucoup d’étudiants algériens.
La communauté universitaire est en ébullition. Depuis le décès, samedi dernier, de l’étudiante Bekkouche Nacéra, suite à un incendie, qui s’est déclenché dans sa chambre, à la résidence universitaire de Ouled Fayet, des rassemblements sont tenus quotidiennement, en soirée, au niveau de certaines cités.
Des grèves sont même envisagées. Les protestataires réclament une meilleure prise en charge, notamment, pour ce qui est de l’hébergement et de la restauration. Chaque jour, des étudiants, garçons ou filles, témoignent sur les réseaux sociaux des conditions difficiles dans lesquelles ils suivent leur cursus. Certains d’entre eux publient des photos des plats qui leur sont distribués.
D’autres les accompagnent d’un commentaire ironique relatif à la déclaration du responsable régional de l’Office des œuvres universitaires qui avait déclaré, au lendemain de ce tragique accident, que «les plats distribués aux étudiants, il ne pouvait pas se les permettre chez lui». La colère ne semble pas s’estomper au fil des jours, même si l’Office national des œuvres universitaires a relevé de ses fonctions Seif Eddine Hadji, le directeur de la cité universitaire Ouled Fayet II, où a eu lieu l’accident.
Les étudiants ayant jugé que ce dernier n’aurait pas pu avoir lieu s’ils bénéficiaient des conditions qui ne les obligeraient pas à utiliser des résistances ou des bouteilles de gaz dans leurs chambres pour préparer leurs repas.
Même les propos tenus par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdelbaki Benziane, qui a affirmé, dimanche, au lendemain du décès de l’étudiante, que «des mesures seront prises dans le cas où les résultats de l’enquête révèlent un quelconque manquement», ne semblent pas les convaincre.
Celui-ci avait également tenu à rappeler que «le travail de la commission chargée du projet de la réforme des œuvres universitaires, tire à sa fin et sera remis au président de la République et au Premier ministre». Un «profond» projet «qui prendra en considération tout ce qui concerne les bourses, l’hébergement, le transport et la restauration», évoqué depuis le mois d’octobre dernier et qui, comme l’a annoncé le ministre lui-même le mois passé, «devrait être prêt avant la fin de l’année». Il faut dire que le débat autour des œuvres universitaires revient à chaque fois.
L’année passée, des rumeurs avaient circulé à propos d’une éventuelle hausse de la bourse estudiantine qui est de 4050, 3600 ou 2700 DA,selon le revenu annuel global des parents, par trimestre. Une somme dérisoire qui ne pourrait jamais couvrir les dépenses des étudiants et leur permettre de mener une vie estudiantine décente.
Finalement, le ministère de l’Enseignement supérieur avait démenti l’information, tout en laissant la porte ouverte à cette éventualité. Au mois de mai, le Pr Chemseddine Chitour, alors ministre de l’Enseignement supérieur, avait laissé entendre que plusieurs scénarios sont envisagés pour améliorer les conditions des étudiants, dont la valorisation de la bourse. Au même moment, a-t-il ajouté, les frais de repas (1,20 DA) et d’hébergement (50 DA mois) ne peuvent être maintenus en l’état.
Quelle est l’option qui sera choisie ? Les ministres qui se sont succédé à ce poste, tout en promettant une meilleure prise en charge pour les étudiants, n’ont pas donné plus de détails. Entre-temps, la colère de la communauté estudiantine monte de jour en jour. Le drame survenu samedi dernier à Ouled Fayet n’a fait que rappeler les conditions difficiles dans lesquelles vivent beaucoup d’étudiants algériens.
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Auteur: Anis Khecheba
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