Il est incontestable que la société marocaine, en particulier les franges déshéritées, est en train de vivre l’une des périodes cruciales de son existence. A peine se relève-t-elle de la covid qu’elle se heurte à la cherté du coût de la vie, juste après la recrudescence des tarifs à la pompe. Il est vrai que la conjoncture de ces temps-ci revêt une dimension quasiment exogène. Mais, il n’en demeure pas moins clair que cette circonstance austère dévoile une déchéance littéralement endogène dont l’actuel Exécutif assume la part du lion, au vu de son caractère aussi bien aphone qu’atone face aux attentes de la population endolorie. En fait, la démission sans précédent dont il fait montre, depuis déjà un quart du mandat en cours, ne saurait occulter ces maux dont pâtissent les citoyens, aux contextes extra-locaux. Le ver est bel et bien dans le fruit de l’approche libérale qui porte préjudice sans nul scrupule, au droit le plus élémentaire du peuple qu’est la sécurité alimentaire. Pour le slogan d’un « État social » dont se targuent les tenants des rênes, il est déficient de faillir à cette souveraineté, d’autant qu’on détient le dossier agricole, voué à un échec cuisant, à travers le Plan Maroc Vert (PMV), des lustres durant. Ce n’est ni la pandémie, ni la sécheresse, encore moins la guerre russo-ukrainienne qui sont à l’origine du marasme alimentaire dont peine à présent, la majorité des couches démunies de la société puisque la faillite de la stratégie agricole était pressentie bien plus tôt que les conjectures sus mentionnées, certes aggravées, mais n’expliquent pas de manière exclusive, le désastre inflationniste actuel. Il faut bien avouer que l’option du PMV fut orientée de façon abusive, à l’export du produit agricole national au détriment de l’autosuffisance du marché intérieur, au même titre que celui de la ressource halieutique dont la privation se fait lourdement ressentir dans les halles du pays.

 Il serait inadmissible qu’une nation comme la nôtre, dont l’agriculture et la pêche constituent les fers de lance névralgiques de l’économie nationale, soient si malmenées  par cette politique publique défaillante. Les «mœurs démocratiques» contraignent aussi les auteurs de la débâcle agro-maritime à en faire part au peuple et à se faire démettre de leurs fonctions, au lieu de s’en tenir à leurs contre sens creux. Il est bien évident alors,  compte tenu de ce fiasco stratégique, que la question agraire, source de stabilité vitale de la nation s’avère une problématique de forte acuité, à priori non seulement au niveau de la consommation, mais également et surtout à celui de la nappe souterraine affreusement mise à sec, à cause des forages surexploités des lobbys terriens et, de surcroît, des oasis extrêmement asséchés et détériorés par un lâchage assassin… Combien faudra-t-elle de décennies voire de siècles, pour parvenir à recouvrer les réserves d’eaux souterraines en dégradation mortifère ? Le bilan de cette politique agricole est fâcheux pour les petits agriculteurs qui souffrent le martyr devant l’exorbitante du coût de carburant, d’engrais  et autres, ainsi que pour la paysannerie de la nation qui ne parvient plus à nourrir à satiété les compatriotes, car la crise est structurelle et non conjoncturelle comme s’ingénient en vain de rassurer, les responsables de cette déculottée qui ne dit pas son nom !                                        

L’article Les origines d’une déroute est apparu en premier sur ALBAYANE.

Auteur: M’hammed rahal
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.