Le chef d’état-major de l’ANP était hier à Cherchell pour « présider une sortie de promotion ». Inutile de revenir sur (les) ordres du jour des sorties… chroniques de Gaïd Salah. On l’aura compris depuis un moment déjà, chaque déplacement est une nouvelle opportunité – les mauvaises langues appelleront ça « prétexte » – pour un nouveau discours. La dernière « virée » n’a pas dérogé à la règle, ni dans la forme ni dans l’essentiel du propos qui l’a sanctionnée : « L’armée accompagnera le mouvement populaire .» Gaïd Salah a certes ajouté que l’accompagnement se fera « avec tout ce que signifie ce terme » mais on ne va pas s’appesantir sur ce qu’on n’a pas encore compris. Il a encore dit que l’institution militaire « n’a pas d’ambition politique » mais ça, on le savait déjà : le vice-ministre de la Défense n’a jamais dit que l’armée n’a pas d’ambition de… pouvoir. Et ça tombe bien pour les partis de… Bouteflika qui n’ont plus qu’une manette à actionner pour que tout redevienne comme avant ! Il suffisait de voir avec quel allant et quelle arrogance le nouveau préposé au FLN s’est récemment exprimé pour tout saisir. Tous ceux qui ne s’alignent pas sur la feuille de route des nouveaux décideurs, il les a traînés dans la boue. Ils sont revanchards, ils servent des intérêts étrangers, ils ont des objectifs inavoués… toute la batterie des ignominies des temps de glaciation y est passée, servie dans une langue de bois à faire pâlir un bûcheron. Pendant que les Algériens passent en boucle ses vidéos où le propos dithyrambique à l’égard de Bouteflika n’a pas de rival, pendant que ses casseroles de prébendier, détaillées et documentées, sont sur la place publique, M. Djemaï nous dit qui est le « bon hirakiste » comme… lui et qui met le pays en danger ! Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, c’est à peine s’il ne nous dit pas que le FLN est derrière le soulèvement populaire et à ce titre, c’est lui qui va politiquement incarner le changement ! Au même moment, le RND, comme si de rien n’était, se prépare à organiser un conseil national « ordinaire » essentiellement destiné à trouver un successeur à Ouyahia… en prison. Il n’est donc question que de ça, finalement. L’ancien Premier ministre à El-Harrach, il suffit de s’entendre sur quelqu’un pour continuer le travail et le tour est joué. Quelqu’un qu’on ne va, bien évidemment, pas chercher loin, il est à portée de main parmi les lieutenants d’Ouyahia qui ont la chance et le temps, qu’ils doivent essentiellement au fait qu’ils soient… libres de déclarer leur allégeance à « l’armée ». C’est peut-être cette confiance retrouvée au sein des « partis de l’Alliance » qui a donné des ailes à Amar Ghoul au point de refuser obstinément de renoncer à son immunité parlementaire. Et à l’état-major du MPA de tergiverser avant de lâcher Amara Benyounès. Ils sont tous en train de se refaire une santé et ils ne voient aucune raison de raser les murs, tant que l’armée ne leur a pas signifié qu’ils ne peuvent pas être le problème et la solution. On n’en est pas là, manifestement.
S. L .
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