Les positions des partis sont mitigées concernant le dernier discours du général de corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), dans lequel il a exprimé son souhait de voir le dialogue national se dérouler «loin de la méthode imposant des préalables». A cet égard, le FLN a salué le discours appelant la classe politique, les personnalités nationales et la société civile à «être en harmonie avec le niveau de conscience affiché par l’ANP, depuis le début de la crise». Exprimant sa satisfaction de la réalisation de la majorité des revendications populaires, grâce à l’engagement de l’ANP à accompagner les Algériens dans leurs revendications, à protéger la justice et à garantir la pérennité des institutions de l’Etat, le parti a réitéré sa position préconisant «l’adoption du dialogue pour surmonter la crise que vit le pays», tout en saluant «l’engagement des institutions de l’Etat à assurer toutes les conditions nécessaires au lancement d’un dialogue responsable menant à un consensus national qui aboutira à l’élection, dans les plus brefs délais, d’un nouveau président de la République». Le parti a réitéré sa disposition à «contribuer fortement aux efforts de l’instance nationale de dialogue», appelant au respect «des symboles de la République et des constantes consacrées dans la Constitution, en les mettant à l’écart des controverses politicienne et idéologique».
De son côté, le RND a valorisé le contenu de l’allocution de M. Gaïd Salah, notamment «ses idées marquées par la clarté qui affirment ses positions constantes déjà exprimées à maintes occasions relatives au respect du cadre constitutionnel, à la préservation des institutions de l’Etat, au rejet de tout discours qui est susceptible de conduire le pays vers l’inconnu et à l’encouragement du dialogue au lieu de se laisser entraîner par les idées vaines qui ne servent pas la nation». «Le plébiscite du Commandement de l’ANP à l’instance nationale de dialogue est l’affirmation que la situation actuelle ne pourrait être surmontée sans le dialogue entre les différents acteurs de la scène sociopolitique, afin de parvenir à la formation d’une instance nationale chargée de la supervision et de l’organisation des élections», a indiqué un communiqué du RND. Pour le RND, «l’instance nationale de dialogue doit se focaliser sur la stabilité des institutions de l’Etat, tout en ignorant les questions superflues en vue d’engager les réformes de fond escomptées, et ce, partant du principe qu’il faut répondre aux aspirations du peuple de manière graduelle», ajoutant que «la réalisation des objectifs suprêmes passe par l’élection d’un président de la République qui aura pour principale prérogative la réalisation des aspirations du peuple». Le parti partage la vision du commandement de l’ANP sur «la justice, d’autant qu’il n’est pas permis à quiconque d’interférer dans son travail et ses prérogatives ou tenter d’influer sur ses décisions», appelant toutes les forces politiques, la société civile et les personnalités nationales à la nécessité de «mettre leurs expériences et expertises au service la nation et des institutions de l’Etat et de faire prévaloir l’intérêt national sur toute autre considération».
Le secrétaire général du mouvement Ennahda, Yazid Benaïcha, a plaidé à Constantine pour un dialogue «sérieux, sincère et responsable». Pour le mouvement, «l’instance qui doit mener le dialogue doit jouir d’expérience, de crédibilitéi et de prérogative de prise de décision», a encore indiqué Benaïcha, soutenant qu’«une instance de dialogue placée de manière unilatérale ne peut conduire un dialogue».
Mettant en avant la primordialité de retrouver «la confiance perdue entre le peuple et le pouvoir», il a estimé que le dialogue à mener «doit être sans préalables à la hauteur de la crédibilité, du pacifisme et du civisme du Hirak». Affirmant que «l’Algérie, peuple et Etat œuvrent pour un changement réel», Benaïcha a estimé également «nécessaire la formation d’un gouvernement de compétences pour la gestion des affaires de l’Etat».
De son côté, le président du parti, Jil Djadid, Sofiane Djilali a affirmé sur sa page Facebook que son parti «rejettera tout dialogue qui ne tienne pas compte de la concrétisation des conditions préalables d’apaisement et de l’ouverture politique, et ce, pour le respect de ses engagements».
 

Auteur: elmoudjahid
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