Bien que les solutions relevant du potentiel du pays existent, encore une fois, notre croissance économique confirme son caractère structurellement volatil, au gré de facteurs endogènes et exogènes qui ne sont pas favorables à la croissance économique et pèsent sur les équilibres budgétaires. Sans remuer le couteau dans la plaie et remettre sur la table la situation des caisses qui souffrent de l’amenuisement de réserves, force est de constater qu’on ne sait que dalle sur l’évolution économique à venir. Ceci en reconnaissant que la situation financière du pays demeure fragile et tributaire des fluctuations du marché des hydrocarbures. Le Premier ministre Abdelaziz Djerad notait à juste titre une aggravation du déficit budgétaire en 2019, une hausse du déficit de la balance commerciale à 10 milliards de dollars à la fin 2019, le recul des réserves de change de plus de 17 mds dollars et la hausse de la dette publique intérieure représentant 45% du PIB, contre 26% en 2017. Ajoutons à cela, la corruption qui gangrène notre économie attestant de la mauvaise gouvernance qui pèse de tout son poids sur le climat des affaires. Face à cette situation défavorable, l’Algérie gagnerait à œuvrer activement en faveur de l’optimisation de sa politique commerciale extérieure et de définir les moyens de réduire autant que possible les rentes de situation.Les cours du pétrole s’effondraient hier matin et subissaient leur chute la plus sévère depuis la guerre du Golfe en 1991 après l’échec des discussions entre la Russie et l’Arabie saoudite. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 35,52 dollars à Londres, en baisse de 21,54% par rapport à la clôture de vendredi. A l’ouverture en Asie, il s’est effondré jusqu’à 31,02 dollars, un niveau plus vu depuis février 2016. A New York, le baril américain de WTI pour avril dévissait de 22,02% à 32,19 dollars. Il est tombé jusqu’à 27,34 dollars, un plus en quatre ans également. Cette déroute s’explique par la décision de l’Arabie saoudite de baisser unilatéralement ses prix à la livraison, opérant la plus importante réduction en 20 ans. Aussi, à l’instar des autres pays producteurs de pétrole, le contexte économique que traverse l’Algérie est difficile, et les réels espoirs placés dans l’année 2020, ont vite cédé la place aux appréhensions, dans une conjoncture qui s’annonce tumultueuse. La conjonction d’un ralentissement de l’activité économique, d’une faible croissance sur le plan national, avec pour toile de fond la tendance baissière des prix de l’or noir, augurent d’une année difficile aussi bien sur le plan interne qu’externe.Le gouvernement Djerad est appelé à tout miser pour rattraper le train de la croissance et surtout faire profiter les différents pans de la société de manière équitable des fruits de cette croissance économique. Certes, le gouvernement a annoncé et a pris plusieurs mesures pour relancer la machine économique. Pourtant les différents agents économiques affichent un pessimisme par rapport à l’évolution économique de cette année. En tout cas la rupture tant attendue par les opérateurs économiques n’était pas ressentie dans la LF 2020. Toujours est-il que des chantiers, ayant trop tardé, urgent pour une réalisation effective. Parmi les chantiers phares, nous pouvons citer, la mise en œuvre d’un nouveau modèle de développement, la compétitivité de l’offre exportable, la justice sociale, avec leurs corolaires en réformes du secteur de la finance et des banques, de l’investissement et du climat des affaires, du foncier, du pouvoir d’achat et de l’emploi… 2020 devrait se démarquer comme étant l’année où l’Algérie va s’appuyer sur un nouveau modèle de développement. Un modèle devant rompre avec celui précédent ayant montré des limites dans la mesure où le taux de la croissance économique demeure en deçà des attentes. Avec la Loi de Finances 2020, l’ancien gouvernement a certes annoncé la couleur, arrêté les grandes lignes et les indicateurs macroéconomiques à réaliser. Toutefois, force est de constater que les indicateurs économiques et les dispositions annoncées pourraient s’avérer insuffisantes pour remédier un tant soit peu l’affaiblissement et impulser la dynamique nécessaire pour promouvoir l’entrepreneuriat et la création d’emplois. D’ailleurs, c’est compte tenu des nombreuses lacunes de la LF 2020, que le Premier ministre Abdelaziz Djerad a proposé au président de la République Abdelmadjid Tebboune l’élaboration d’une loi de finances complémentaire pour remédier aux déséquilibres contenus dans la loi de finances 2020 élaborée par l’ancien gouvernement dirigé par l’ex-premier ministre Noureddine Bedoui. « J’ai proposé au président de la République l’élaboration d’une loi de finances complémentaire qui verra entre autres l’annulation des dispositions fiscales abusives touchant les travailleurs du sud et les professions libérales et qui avaient pour objectif de créer la zizanie. » avait déclaré Djerad, à l’issue de sa présentation devant les députés de l’Assemblée populaire nationale. Abdelaziz Djerad affirme aussi avoir été à l’origine de la proposition de recours à une «loi de finances complémentaire» afin d’«annuler les dispositions fiscales injustes contenues dans la loi de finances 2020». Abdelaziz Djerad affirme que son gouvernement «s’attellera à assainir l’héritage désastreux de la gouvernance des années précédentes par la mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien». Il assure pouvoir arriver «à dépasser la situation économique et financière difficile de l’Algérie». «Le gouvernement s’emploiera à l’élimination des dérives ayant marqué la gestion des affaires publiques de l’Etat et des incidences négatives des forces anticonstitutionnelles sur la décision politique et économique du pays», a-t-il affirmé.
Farid Bouyahia
Auteur: elmoudjahid
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