LE TEMPS – Hamma HANACHI

Que n’a-t-on pas écrit, développé et glosé sur le sujet des quartiers défavorisés ? On les a vus naître, éclore et grandir aux alentours des grandes villes et spécialement à la périphérie de Tunis !  Les habitations informelles y ont poussé comme des champignons ; construites souvent à la hâte, sans plan ni décision des autorités. Le résultat révèle souvent une image fâcheuse,   hybride, ni ville, ni campagne, des quartiers désordonnés, sans vie, des cités entières, grandissantes et incommodes, manquant de transports, d’espaces verts, de Maisons pour jeunes, des salles pour adultes, de lieues de rencontres, de convivialités etc, etc;   les  jeunes chômeurs, sans opportunités pour s’épanouir y traînent leurs difficultés et leur ennui. 

Le programme de réhabilitation des quartiers d’habitation informelle (PRIQH), financé par l’Agence française de développement (AFD),  l’Union Européenne, dans le cadre du PROVILLE 2, ainsi que et  la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Tunisie, a pour objectif d’aider les habitants de ces cités désavantagés à mieux s’intégrer dans leur commune, à améliorer leurs conditions de vie,  à dynamiser ou à créer une économie de proximité. La maitrise d’ouvrage est confiée à l’Agence de Réhabilitation et de Rénovation Urbaine (ARRU).

Le projet Vision Solidaire, soutenu par la Fondation Drosos, vise à former gratuitement des jeunes, âgés de 18 à 28 ans, issus de milieux défavorisés du Grand Tunis aux métiers de l’image.

 

SHAWARIE ou comment raconter 

les habitants, leurs quartiers… 

Le 3e et ultime Projet de Fin de Formation s’appelle SHAWARIE (rues) est en phase finale, il réunit trente jeunes, venus de quartiers désavantagés, bénéficiaires du projet Vision Solidaire. Son objectif est de raconter et communiquer les transformations urbaines et sociales qu’elles soient finalisées ou en cours, à travers des moyens de communication créatifs et originaux. 

La mise en place des actions de communication, outil de base pour alimenter la thématique de la ville durable en Tunisie, a été accordée à la Maison de l’Image.

Celle-ci forte d’une expertise longue, innovante et probante, acquise notamment durant l’élaboration des deux Projets de Fin de Formation (PFF) initiés par Vision Solidaire,  le premier portant le nom de BADDEL  ESSOURA ( Changez l’image !), vise à documenter par la photo et la vidéo à  mettre en lumière et rehausser les initiatives de développement durable ; le second baptisé FATCHATA ( Face) a pour objet d’illustrer et  redéfinir le regard porté sur les quartiers populaires. 

Les stagiaires de ces deux projets de fin de formation ont, à quelques exceptions été recrutés dans des entreprises d’arts visuels, nous apprend Wassim Ghozlani, directeur de la Maison de l’Image. 

Tous les jours, les trente stagiaires, pleins de volonté et de courage, écument les quartiers, choisis dans  la périphérie de Tunis, durant toute une journée, de Chbedda à Naassen, de Oued Dabbegh à Douar Hicher, de Bhar Lazreg à La Marsa, de El Bokri à Borj Touil ou de Saïda à Oued Ellil, etc ( 8 quartiers en tout). 

Ils filment les rues, les places, s’arrêtant devant un terrain de foot en terre battue, ou face à un jeune champion sportif, ou interviewant une actrice de la société civile, ou encore une petite assemblée de vieux dans un terrain vague. 

Ils sont tout le temps à la recherche de l’habitant qui donne les informations sur son quartier ou sur son parcours ;  et  jusqu’à tard le soir,  ils se réunissent ou se relaient, pour voir, découvrir et débattre de leurs travaux en cours.

 Ils sont accompagnés et soutenus par leurs encadreurs respectifs, Amine Landolsi, photographe professionnel au long cours, Hatem Kochbati, vidéaste expérimenté et enseignant, Youssef Baccouche, artiste qui leur apprend la création de sites et Amina Abdellatif, artiste designer pour la charte graphique.  C’est à croire que La Maison de l’Image, qui a pour credo la construction d’une génération solidaire, dans une société équitable, a choisi, privilégié et conforté la voie du cœur par ces temps d’après Covid-19 qui a arrêté et ralenti les activités, notamment artistiques.

 

H.H.

Auteur: letemps1
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